Le Vlaams Belang veut entrer au CA d'Unia

Els Keytsman, directrice d'Unia. ©Photo News

Le parti d'extrême droit peut prétendre à un siège dans le conseil d'administration du Centre interfédéral pour l'égalité des chances. Et il compte bien l'occuper.

Le Vlaams Belang a droit à un siège au conseil d'administration d'Unia, le centre pour l'égalité des chances, et compte le réclamer, écrivent De Morgen et Het Laatste Nieuws. La composition de ce conseil est à l'agenda du Parlement flamand ce lundi. Un document préparatoire que De Morgen a consulté stipule que le parti d'extrême droite a droit à un siège. Et il pourrait bien y prétendre désormais. Unia est en effet dans le viseur du parti.

"Nous mettons en question la raison d'être, le fonctionnement et le soutien de ce prétendu centre d'égalité des chances", a déclaré le chef de fraction du VB Chris Janssens. "Il s'agit d'un siège sur 21", tempère la directrice d'Unia Els Keytsman. "De plus, vous ne pouvez pas supprimer Unia de l'intérieur. L'Europe exige l'existence d'une telle institution dans notre pays."

Unia a ouvert plus de 2.000 dossiers en 2018

Hasard du calendrier, Unia publiait ce lundi son rapport annuel en matière de discriminations.

Au total, ce sont pas moins de 7.489 signalements (+13,5%) qu'a reçus le centre l'an dernier. Unia en a jugé 5.292 comme faisant partie de son champ de compétences et 2.192 dossiers ont finalement été ouverts (+8,7%). Ils concernaient majoritairement les domaines:

  • biens et services (28%);
  • travail et emploi (23,3%);
  • médias (15,1%);
  • enseignement (13,3%);
  • vie en société (7,9%).

Au niveau des critères, l'origine (critères dits "raciaux") était toujours la principale source de discriminations (33,9%), suivie du handicap (23,6%) et des convictions religieuses ou philosophiques (12%).

C'est à Bruxelles que le plus de dossiers ouverts trouvaient leur source (25%), la Région capitale était suivie de la province d'Anvers (13%) et de celles de Flandre orientale, du Hainaut et de Liège (11% chacune).

Deux fois plus d'actions en justice  

Il s'agit d'abord de conflits entre employeurs et employés (9), suivi par des questions dans le domaine des médias/Internet (8) et d'actes de violence et de vandalisme (6).
Unia

L'an dernier, Unia a clôturé 2.325 dossiers et s'est adressé à la justice à 33 reprises. Un chiffre deux à trois fois plus élevé qu'à l'accoutumée. Quinze affaires avaient trait à la loi du 10 mai 2007 sur l'antidiscrimination et 9 d'entre elles à celle du 30 juillet 1981 sur l'antiracisme.

"Ce chiffre n'a jamais été aussi élevé", relève Unia. "Il s'agit d'abord de conflits entre employeurs et employés (9), suivi par des questions dans le domaine des médias/Internet (8) et d'actes de violence et de vandalisme (6). Une condamnation constitue un signal fort pour dénoncer que certaines choses sont inacceptables."

Outre l'assistance aux victimes de discrimination, Unia mène aussi un travail de prévention. L'an dernier, le centre s'est rendu sur le terrain pour informer et former plus de 12.000 personnes. "En 2018, Unia a également remis 15 avis et recommandations aux représentants politiques et aux entreprises. C'est ainsi que l'institution indépendante a informé le ministre fédéral de l'Emploi sur la réglementation concernant les tests de situation et les actions positives sur le marché du travail", conclut Patrick Charlier. 

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