Les autotests débarquent enfin par millions en pharmacie

Afin de "donner une impulsion" aux tests antigéniques rapides, le Fédéral met un million de tests à disposition des entreprises. ©BELGA

Grande nouveauté dans la stratégie belge de test: l'autorisation de la vente et de l'usage des autotests. Premières livraisons attendues pour le 6 avril.

Enfin!, souligneront les observateurs – et pas uniquement les mauvaises langues. Cela bouge du côté de la stratégie de test de la Belgique. Après avoir, dans un premier temps, tout misé sur les écouvillons nasopharyngés et la technique, désormais classique, de la PCR, la Belgique ouvrait la porte à d'autres types de tests dès la fin novembre 2020; on se réjouissait alors du lancement de cette stratégie 2.0.

"Il a fallu lever les doutes quant à la fiabilité de ces tests. Tout comme il a fallu s'assurer de leur disponibilité, en masse."
Frank Vandenbroucke
Ministre fédéral de la Santé

Stratégie 2.0 qui a finalement atterri pour de bon en cette fin du mois de mars 2021. Pourquoi tant de temps entre les deux? "Il a fallu lever les doutes quant à la fiabilité de ces tests, fait valoir le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit). Tout comme il a fallu s'assurer de leur disponibilité, en masse."

Qu'en est-il à présent? Résumons.

150.000
tests PCR par jour
La Belgique est dotée d'une importante force de frappe du côté des tests PCR. Ses laboratoires peuvent grimper jusqu'à 150.000 par jour.

Tests PCR

Cela ne change pas. Plus fiables, les tests PCR restent "LA" référence, formant la première ligne. La Belgique peut monter jusqu'à 150.000 par jour.

Tests salivaires

Ces échantillons de salive envoyés en laboratoire sont sur le banc d'essai. Après avoir fait leurs preuves dans les maisons de repos wallonnes, ils sont en phase de test dans un petit nombre d'écoles. Une expérience amenée à être prochainement déployée en grand, voire étendue à l'enseignement supérieur.

Tests antigéniques sur le lieu de travail

C'était au menu du dernier Comité de concertation: les tests antigéniques rapides, livrant leur verdict en un bon quart d'heure, allaient faire leur apparition sur les lieux de travail, tant dans les entreprises que dans la fonction publique, pour les profils ne pouvant s'adonner au télétravail. Quelque 50.000 tests ont déjà été commandés en une semaine, dont environ 1/3 par le secteur privé.

570.000
Tests antigéniques rapides
Le stock fédéral de tests antigéniques rapides est constitué de 570.000 têtes de pipe, que rejoindront bientôt les 500.000 en commande. Il sera relâché gratuitement jusqu'au 1er mai, au rythme de 150.000 par semaine.

Eh bien, afin de lancer le tout, de donner une "impulsion", Frank Vandenbroucke annonce une période de soldes: jusqu'au 1er mai, le Fédéral met gratuitement son stock à disposition des entreprises qui en feraient la demande pour un usage répétitif (deux fois par semaine). Le stock? Un total de 570.000 unités, bientôt rejointes par quelque 500.000 en commande, le tout disponible à un rythme d'environ 150.000 par semaine.

Ce n'est pas tout: la Chambre se penchera ce mardi sur l'adaptation du cadre législatif afin d'alléger la charge administrative qui accompagnait jusqu'ici le processus. Et autoriser dans la foulée la vente et l'usage des autotests – on y vient.

Autotests

Voilà la plus grande nouvelle du jour: les autotests, ces tests antigéniques rapides où c'est l'usager lui-même qui réalise le prélèvement, seront disponibles en pharmacie à partir du 6 avril. Des millions de tests devraient être livrés par Roche, seul fournisseur autorisé – d'autres dossiers sont à l'étude auprès de l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé.

1
euro
Les autotests devraient coûter entre 5 et 10 euros l'unité – ce sera probablement autour de 7 ou 8 euros. Par contre, pour les personnes bénéficiant d'une intervention majorée, le remboursement fera chuter la douloureuse à 1 euro. Avec une limite: pas plus de deux fournées familiales par semaine.

Leur coût? Entre 5 et 10 euros – on devrait même se situer autour des 7 ou 8 euros. Quant aux bénéficiaires de l'intervention majorée, ils devraient bénéficier à partir du 12 avril d'un remboursement, portant la facture à 1 euro par test, avec une limite de deux commandes familiales par semaine.

"Ces autotests permettront de détecter, dans 80% des cas, les personnes présentant une forte contagiosité."
Herman Goossens
Président de la task force "testing"

Impossible, évidemment, de s'enfoncer soi-même un coton-tige aussi profondément dans le nez que lors d'un test effectué par du personnel médical. Aussi les autotests souffrent-ils d'une moindre fiabilité. Une réponse négative ne garantit pas l'absence de virus, tandis qu'un "oui" devra être confirmé par une PCR. "Mais en attendant, ces autotests permettront de détecter, dans 80% des cas, les personnes présentant une forte contagiosité", assure Herman Goossens, le microbiologiste à la tête de la task force "testing".

Ne rêvez pas trop: pour l'heure, l'autotest ne vous ouvrira pas le moindre espace supplémentaire de liberté. Son usage est lié à la "courtoisie". "Il permet par exemple d'offrir un peu plus de sécurité si l'on doit accompagner un parent âgé chez le médecin", illustre Frank Vandenbroucke. Sans doute aura-t-il également un rôle à jouer à l'heure de la réouverture de certains secteurs.

Dernière précaution d'usage: attention au stockage. Froid comme chaleur affectent leurs performances.

Le résumé

  • Bien sûr, le test PCR reste "LA" référence.
  • Mais la Belgique entend accélérer l'usage de tests antigéniques rapides sur le lieu du travail.
  • Aussi met-elle gratuitement son stock à disposition. Une offre valable jusqu'au 1er mai.
  • À partir du 6 avril, les autotests devraient (enfin!) être disponibles en pharmacie.

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