Les avocats sont de plus en plus chers

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Selon les derniers chiffres du barreau francophone, les tarifs horaires des avocats ne cessent d’augmenter. Et font craindre une Justice à deux vitesses.

C’est comme un rouleau compresseur, ça ne va pas bien vite mais ça ne s’arrête pas. Les tarifs horaires des avocats francophones sont ainsi comparables. Selon les données récoltées par l’Ordre des barreaux francophones et germanophone (Avocats.be), auprès de 1.466 avocats, le tarif horaire moyen a augmenté de 14% entre 2010 et 2018, de 141,02 à 160,12 euros/h (hors TVA à 21%).

Il y a de grandes disparités dans ces données. Ainsi, le tarif pour les particuliers progresse de 24% (102,04 à 126,66 euros/h). La note enfle aussi pour les entreprises: + 21% pour les TPE (140,98 euros/h en 2018), + 22% pour les PME (161,70 euros/h), + 10% pour les entreprises de plus de 100 salariés (181,11 euros/h). Pour ce qui est des entreprises ou autorités publiques, la note grimpe de 10% en 8 ans, à 150,69 euros/h.

"Cette augmentation revêt presque un caractère exponentiel."
Baromètre

Il faut naturellement préciser que ces tarifs dépendent de facteurs divers et tous les avocats ne facturent pas à de tels prix. Tout varie selon la somme en jeu. Et selon la matière, aussi: presque aucun avocat pénaliste ne peut présenter de telles factures à leurs clients. Il apparaît également que plus un avocat est âgé et plus son tarif horaire sera élevé. De la même manière: plus le cabinet d’avocat est grand, plus les tarifs progressent. "Cette augmentation revêt presque un caractère exponentiel", observe le baromètre.

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Les tarifs horaires des avocats ont, de fait, subi l’impact de l’assujettissement des avocats à la TVA à 21%, effective depuis 2014. Selon l’étude, les avocats déclarent, en moyenne, une modeste diminution de leur clientèle suite à l’application de la TVA. C’est surtout le cas des avocats travaillant dans des petits cabinets (moins de cinq membres): 40% d’entre eux attribuent la diminution de leur clientèle à la TVA. Il est à noter que de nombreux partis classés à gauche ont appelé durant la campagne électorale à diminuer ou supprimer cette TVA afin de faciliter l’accès de tous à la Justice.

À ce propos, l’aide juridique est toujours un incontournable des cabinets. En 2018, 38,5% des avocats qui ont répondu à l’étude sont volontaires pour prester. Ce chiffre monte à 57,8% pour les avocats de moins de 35 ans, qui voient là une source de revenus parfois indispensable. Ceux-ci facturent nettement moins que les chiffres rapportés par Avocats.be, qui dessine plus que jamais un tableau très disparate du petit monde des avocats.

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