Les Belges sont moins heureux au moment d'entrer dans la vie active

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L’Institut pour un développement durable a publié une étude sur le bonheur des Belges. L’enquête apporte de nouveaux résultats mais ne traduit pas forcément une réalité englobant toute la population belge.

"Est-ce que vous êtes heureux?" Cette question, tout le monde l’a déjà entendue. Même si la réponse n’est jamais évidente, de nombreuses enquêtes sur le bien-être surgissent depuis quelques années. L’étude publiée par l’Institut pour un développement durable, sous la direction de son cofondateur et économiste, Philippe Defeyt, veut proposer une analyse pertinente et nouvelle du bien-être des Belges.

"Il n’existe pas de réponse unique comme ‘marie-toi pour être heureux’." Philippe Defeyt Économiste

Elle reprend les données de l’European Social Survey, un projet européen mené depuis l’an 2000. "Je suis tombé par hasard sur cette démarche académique, explique Philippe Defeyt. Ici, la qualité et la taille de l’échantillon [6.000 répondants] permettent d’analyser le phénomène de manière plus rigoureuse et plus approfondie." L’étude se distingue par sa nouvelle approche sur le niveau de satisfaction de vie des Belges et leur niveau de bonheur. Afin d’éviter la confusion entre le bonheur et la satisfaction de vie, Philippe Defeyt nous donne sa définition: "La satisfaction de vie est plus conjoncturelle et le bonheur est lui, plus structurel. C’est-à-dire que je peux être tendanciellement heureux parce que j’ai un métier qui me plaît ou des bonnes relations mais cela ne m’empêche pas d’être insatisfait de ma vie à un certain moment, à cause d’un problème de santé transitoire ou de relations qui se dégradent." Ces deux indicateurs sont très liés mais pas forcément identiques.

Les résultats de l’étude montrent des tendances connues et d’autres, inattendues:

- Un homme n’est pas forcément plus heureux ou plus satisfait de sa vie qu’une femme. Sur une échelle de 0 à 10, la moyenne des Belges satisfaits de leur vie monte à 7,42 pour les hommes et à 7,71 pour les femmes.

- Tendanciellement, les Belges sont moins heureux en entrant dans la vie active.

- Mais les niveaux, que ce soit la satisfaction ou le bonheur, remontent lors du départ à la retraite pour chuter considérablement vers 75 ans et plus.

- Les Wallons sont moins satisfaits que les Flamands mais se rapprochent du niveau des Bruxellois.

- Les personnes seules sont significativement moins heureuses et moins satisfaites que celles qui vivent à plusieurs. Les très grands ménages (5 personnes ou plus) ont tendance à être plus heureux.

Éviter le "simplisme"

Cependant, même si ces questions tendent à prendre de plus en plus d’importance, ces résultats ne correspondent pas à tous les Belges. D’après Philippe Defeyt, il faut éviter à tout prix le simplisme: "Ce n’est pas parce qu’une personne se marie qu’elle sera automatiquement heureuse. Elle peut être seule et heureuse. Il n’existe pas de réponse unique comme ‘marie-toi pour être heureux’." C’est d’ailleurs la deuxième erreur à éviter aux yeux de l’économiste: "La caricature, c’est de dire que ces études sont la formule miracle qu’il faut aux politiques publiques pour rendre les gens heureux. Ce n’est pas la réponse à toutes les questions politiques posées aujourd’hui." Chaque résultat est donc à interpréter avec prudence et il n’existe pas de recettes miracles. À chacun donc de concocter sa propre recette du bonheur.

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