Les blouses blanches débrayent à nouveau ce jeudi

©BSIP/T & L

Les syndicats accusent les employeurs de bloquer la mise en œuvre de l’accord social conclu voici deux ans déjà.

Journée perturbée dans les hôpitaux, maisons de repos et soins à domicile en Wallonie et à Bruxelles. En cause: un climat social qui n’a cessé de se dégrader depuis deux ans. La journée d’action se déclinera de différentes façons: assemblées, actions de sensibilisation, mouvements de grève.

Les conséquences

Services fermés, piquets de grève... La plupart des hôpitaux du pays sont concernés, notamment les hôpitaux Saint-Luc, Saint-Pierre et Saint-Jean à Bruxelles, l'ensemble des sites du Chirec, les CHU de Namur, Mont-Godinne et de Dinant, le CHC de Liège, l'ensemble des sites du Grand Hôpital de Charleroi, les hôpitaux louviérois de Jolimont et du Tivoli ou encore les CHR de Mouscron et de Mons-Warcquignies.

Les maisons médicales, maisons de repos et de soins sont aussi concernées.

Depuis le début du mois de juin, le personnel de santé se mobilise tous les mardis pour exprimer son ras-le-bol. Sans résultat jusqu’ici.

Cet accès de fièvre cache un malaise présent depuis plusieurs années déjà: une charge de travail toujours plus importante, des cadences infernales, des salaires qui font du surplace, etc. Le résultat, c’est qu’il est de plus en plus difficile de trouver du personnel. Trois dossiers concrets sont dans le collimateur des professionnels de la santé.

Classification des fonctions

500 millions
euros
D’après la CNE, il faudrait 500 millions d’euros pour combler la différence entre les anciens et les nouveaux barèmes.

Une nouvelle classification des fonctions a été établie avec pour but de revaloriser les salaires. Une première tranche de 100 millions d’euros a déjà été octroyée au secteur par le Fédéral. Soit un cinquième de l’objectif cible. Or les syndicats accusent les employeurs de refuser de communiquer sur ce qu’ils ont fait avec cet argent.

"Il n’a pas été donné au personnel, en tout cas", s’insurge Yves Hellendorff, secrétaire national de la CNE (syndicat chrétien) pour le non marchand. "Aucune information ne filtre sur l’utilisation de l’argent de la première phase et cela bloque l’enclenchement de la seconde. Nous exigeons de la transparence dans ce dossier. Ce budget n’était pas là pour refinancer les hôpitaux sur le dos du personnel."

1 convention collective sur 6 signée

La conclusion de l'accord non-marchand remonte au 25 octobre 2017. Il porte notamment sur les horaires, la reprise de l’ancienneté à l’embauche, la formation et les vacances annuelles. Deux ans plus tard, seule une convention collective (CCT) sur six a été signée, celle relative à la prévention du burn-out.

Yves Hellendorff accuse les employeurs de faire du chantage. "Ils disent qu’ils acceptent de signer ces conventions en commission paritaire si on accepte la flexibilité. Ils mettent donc sur la table une nouvelle exigence alors que les forces en présence étaient parvenues à un accord en 2017. Ce mode de concertation pose vraiment problème."

Réforme des hôpitaux

Le regroupement de certains hôpitaux au sein de réseaux a fait l’objet d’un pré-accord entre la ministre Maggie De Block et les syndicats. Les employeurs, eux, n’ont encore rien signé. Les syndicats les accusent de négocier de leur côté, "sans aucun cadre social".

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