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Les bourdes de Bouchez seront-elles utiles ?

Editorialiste

Après la crise au Mouvement réformateur.

Tout est pourri dans la séquence que Georges-Louis Bouchez nous a jouée jeudi dernier, au moment de fixer le casting MR pour le nouveau gouvernement fédéral. Je fais ministre un "frère/fils de" parce que ça m’arrange. Je dégage une femme dans un autre exécutif parce que ça m’arrange (quoi, ce n’est pas légal ? ah bon, alors elle reste). Je balance le tout sur Twitter parce que ça m’arrange. En un tweet, le président des libéraux francophones nous a montré tout ce qu’on ne veut plus voir en politique.

Après ça, allez discourir sur l’égalité des genres et le rôle essentiel des femmes dans l’exercice du pouvoir moderne. Allez glorifier l’ascenseur social et les mérites personnels. Allez prétendre que le népotisme, c’est du passé. Allez convaincre que voter MR, c’est voter pour le renouveau. Bonne chance.

En caricaturant les excès d’une particratie malsaine, les bourdes du président libéral soulignent le besoin de réoxygéner la démocratie belge.

Mais il y a autre chose. Au-delà du cas GLB, au-delà de la gouvernance du Mouvement réformateur, cet épisode calamiteux ne fait que souligner l’hyper-pouvoir des présidents de parti. L’intéressé nous le disait lui-même il y a quelques mois : "En Belgique, je ne vois pas trop ce qui procure plus de pouvoir que la présidence d'un grand parti."

Comme il a raison, Georges-Louis Bouchez. Il est là le problème : dans ce pays, les présidents de parti concentrent un pouvoir fou entre leurs mains. Ils ne nomment pas seulement leurs ministres, c’est aussi sur leur bureau que sont composées les listes électorales. Ils sont donc en capacité de faire ou de défaire la carrière de leurs troupes, lesquelles leur sont forcément redevables.

Ce n’est pas tout. Ils ont aussi la haute main sur les consignes de vote de leur parti, envoyées vers des parlementaires réduits, la plupart du temps, au rôle de presse-bouton. Contrôler le législatif et l’exécutif, ça fait beaucoup. Sans oublier leur influence sur les nominations aux postes clefs dans l’administration.

Au fond, on dira peut-être un jour merci à Georges-Louis Bouchez. En caricaturant les excès d’une particratie malsaine, les bourdes du président libéral soulignent le besoin de réoxygéner la démocratie belge. Peut-être ce débat essentiel, tellement attendu, va-t-il enfin pouvoir commencer.

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