analyse

Les CEO belges identifient cinq obstacles majeurs à la croissance

Koen Maerevoet ©RV DOC

Un sondage KPMG révèle les inquiétudes de 25 patrons belges face à la relance économique.

Pour la cinquième année consécutive, KPMG dévoile les enseignements tirés d’un sondage réalisé dans le monde entier auprès de 2.500 CEO d’entreprises réalisant au moins 500 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel.

Parmi eux, les 25 patrons belges sollicités pour l’occasion apparaissent moins enthousiastes quant aux perspectives de croissance du pays en comparaison avec les résultats de la précédente enquête. Interrogés sur leur foi en un début de redressement économique, seuls 72% d’entre eux se sont déclarés confiants, des chiffres bien inférieurs à ceux de l’an dernier (84%) et à la moyenne mondiale (83%).

Au sujet de ce recul, le CEO de KPMG Belgique, Koen Maerevoet, déclare relever deux causes essentielles: "D’une part, l’incertitude persistante due à des événements géopolitiques tels que le Brexit et la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine (…), d’autre part, nous remarquons que de nombreuses entreprises connaissent des difficultés à pourvoir les postes vacants." Notons que, pour la France et le Royaume-Uni, le taux de confiance est passé sous le seuil des 50%.

5 menaces

Outre le contexte géopolitique houleux, cette relative prudence belge est plus largement attribuable à un écosystème de tendances qui façonnent le monde de l’entreprise. Dans l’ordre, les 25 patrons belges nomment la cybersécurité (1), les nouvelles technologies disruptives (2), et le changement climatique, la recherche et la rétention de talents et les risques opérationnels (3, ex aequo) comme principaux enjeux à prendre en compte pour se préparer à l’avenir.

Si, contrairement à la moyenne mondiale, la question climatique n’occupe pas la première place de leurs préoccupations, signalons tout de même qu’elle ne figurait pas au classement dans le précédent sondage.

"Tous les dirigeants d’entreprise ne sont donc pas convaincus que ce passage à une société à faibles émissions de carbone générera une valeur ajoutée économique."
Koen Maerevoet

À ce propos, Koen Maerevoet s’étonne et commente: "Tous les dirigeants d’entreprise ne sont donc pas convaincus que ce passage à une société à faibles émissions de carbone générera une valeur ajoutée économique. Cependant, innovation et durabilité vont de pair." Il est vrai qu’un tel écart entre les considérations des patrons belges pour les questions de transition écologique, de réduction d’émissions de CO2 et de construction d’un modèle économique basé sur la durabilité, et la moyenne mondiale paraît étonnant au regard de l’urgence climatique actuelle, rappelée pourtant en Belgique par le déploiement de forces démontré par la jeunesse du pays au cours des derniers mois.

La recherche de talents semble en revanche être une problématique résolument locale, puisqu’elle ne réunit que 2% des votes internationaux, contre 12% en Belgique.

Le paradoxe de l’emploi

"Les candidats formés en informatique et en intelligence artificielle sont rares et très convoités, aussi à l’étranger."

Le patron des bureaux belges de KPMG explique, au sujet de ce casse-tête belge autour de la chasse aux meilleurs employés, qu’" il y a un besoin de profils spécialisés en Belgique. Les candidats formés en informatique et en intelligence artificielle sont rares et très convoités, aussi à l’étranger." Le problème semble d’autant plus épineux que l’émergence des technologies perturbatrices et leur maîtrise occupent eux aussi une place de choix dans les esprits de nos CEO. Koen Maerevoet insiste d’ailleurs: "La technologie est plus que jamais nécessaire à la croissance et la main-d’œuvre talentueuse est essentielle aux entreprises pour adopter cette technologie".

Chez les plus grands, le souci de la recherche de la "personne idéale" se fait donc brûlant tandis que l’offre de travail ne cesse de croître.

Le goût de l’aventure

Au niveau du développement international, les entreprises belges se veulent aventureuses et leurs CEO confirment leur volonté de répondre aux opportunités proposées par les marchés en croissance. Dans le viseur, l’Est de l’Asie mais aussi l’Europe orientale et l’Amérique du Sud.

Ensuite, il est difficile de négliger l’impact du projet "One Belt, One Road" (la nouvelle route de la soie, NDLR) dans les décisions d’internationalisation des activités des sociétés des patrons belges interrogés. 64% d’entre eux admettent prendre en considération le développement du projet titanesque du gouvernement chinois dans leurs stratégies d’expansion, s’alignant ainsi sur la moyenne mondiale.

L’innovation, quant à elle, conserve une place essentielle parmi les vecteurs de croissance plébiscités par les CEO interrogés, même si près d’un administrateur belge sur deux estime que son entreprise n’en fait pas encore assez.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect