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Les coulisses de la rédaction

Dans la vie, il n’y a pas que l’argent et la finance. C’est l’économiste Bruno Colmant qui le dit. ©Thierry du Bois

L'autre rapport de la Banque nationale/Quand les Beatles inspirent Bruno Colmant/On ne choisit pas sa famille/Tout le monde peut se tromper/La langue de Vondel place Surlet de Chokier/Un lapsus mythologique/Il faut sauver la liberté de quartier/

Par la rédaction

Enquête approfondie. La Banque nationale a donc recalculé le Produit intérieur brut (PIB) en y incluant des activités comme la contrebande, le commerce de la drogue et même la prostitution. Cette dernière a "rapporté" 0,09% de PIB supplémentaire. Pour arriver à cette estimation, l’Institut des comptes nationaux a enquêté de manière — comment dire?- minutieuse. Les estimations sont ainsi établies à un niveau détaillé par services: clubs/bars, escorte, massage/sauna, vitrine, location de chambres, prostitution sur la voie publique. "Même si des contacts avec la police fédérale, des chercheurs universitaires et des organisations d’aide ont fourni des informations utiles, il reste nécessaire de poser d’importantes hypothèses pour réaliser l’estimation", souligne la Banque dans son, euh, rapport. Alors quelles sont ces hypothèses? En fait, le nombre total de services prestés en Belgique est calculé sur la base des statistiques démographiques, en supposant que 10% de la population masculine ayant entre 18 et 65 ans sont des clients qui font appel au service d’une prostituée en moyenne 15 fois par an. Un chiffre qui étonnera certains, mais qui proviendrait en fait d’études néerlandaises. Mais, rassurez-vous, les prix par service sont eux bien belges, déterminés "en s’appuyant sur diverses informations disponibles". Soit en moyenne 38 euros sur la voie publique et 63 euros en vitrine. Pour ceux que cela intéresse, tous les autres prix sont disponibles dans le très sérieux rapport "Le nouveau cadre de référence des comptes nationaux"…

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Rien ne vaut l’amour. Dans la vie, il n’y a pas que l’argent et la finance. C’est l’économiste Bruno Colmant qui le dit. L’associé de Roland Berger donnait une conférence jeudi après-midi en clôture de l’assemblée générale d’Afer Europe, au palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Après avoir exposé son analyse de la crise de 2008 à la lumière des grandes crises financières de l’histoire, le professeur Colmant a conclu son exposé en affichant sur le grand écran de la salle Henry le Bœuf… une photo d’un album des Beatles. Pas n’importe lequel: il s’agissait du "single" de la chanson "All You Need Is Love", paru en 1967. Explication de Bruno Colmant: "Finalement, quand on parle d’argent, de quoi parle-t-on? On parle de confort financier, de la transmission du patrimoine, etc. Mais il y a une chose plus importante que l’argent. C’est pourquoi j’aime bien présenter cette couverture des Beatles. Cette chanson, "All You Need Is Love", est un message qui veut dire qu’au-delà de l’argent, les sentiments humains sont plus importants. Et ce qui m’a frappé est qu’il y avait une face B à cet album: "Baby, You’re a Rich Man", une chanson qui parlait d’argent. Mais finalement, la seule des deux chansons dont on se souvient maintenant était à propos du bonheur et pas de l’argent." Voilà donc un Bruno Colmant très philosophe, voire sentimental. Quasiment fleur bleue. De quoi relativiser considérablement la crise financière. Cela dit, Bruno, sachant que les Beatles ont vendu plus d’un milliard d’albums dans le monde, ça a dû leur rapporter pas mal… d’argent, non?

Donfut père et fils. Durant l’été, la rumeur avait évoqué la possibilité que Julien Donfut devienne chef de cabinet adjoint du ministre wallon de l’Énergie Paul Furlan. Déjà membre du cabinet sous la précédente législature, il reste dans la nouvelle équipe, mais comme conseiller en charge de l’énergie. Une situation qui fait grincer les dents dans le secteur, alors que son père, Didier Donfut, a été nommé en juin président d’Ores scrl, la société opérationnelle de l’intercommunale qui dessert près de 75% des ménages wallons en électricité et en gaz. Du côté du ministre Furlan, on loue ses compétences, et on laisse entendre qu’il n’en peut rien si son père est devenu président d’Ores.

Cette situation de potentiels conflits d’intérêts pourrait toutefois prendre fin avec le renvoi de Didier Donfut en correctionnelle. Comme "L’Echo" l’annonçait il y a quelques jours, il doit comparaître le 14 octobre en Chambre du conseil. Le parquet demande en effet son renvoi devant le tribunal correctionnel pour le contrat de prestation de services conclu entre l’IGH, une des intercommunales qui en fusionnant a donné naissance à Ores, et la société de consultance IDEE de Didier Donfut. À bonnes sources, nous entendons qu’Ores a décidé d’attendre la décision de la Chambre du conseil et, s’il y a appel, celle de la Chambre des mises en accusation pour réexaminer l’avenir de son mandat chez Ores. Le dossier pourrait donc être sur la table assez rapidement, tout comme la question de savoir si Ores va se porter partie civile dans ce dossier.

Un président de poids. La fédération des énergies renouvelables Edora, un secteur plutôt malmené ces derniers temps, s’offre un président de poids. Yvan Hella a en effet été élu président du conseil d’administration ce 30 septembre. Il succède à Michel Helbig, qui devient vice-président. Avec plus de 35 ans de carrière dans le secteur énergétique, Yvan Ella, qui a travaillé pour Electrabel puis été le premier directeur général d’Elia tout en menant une carrière académique, est reconnu pour son énorme expertise technique. Depuis fin 2003, il a lancé sa société de consultance et s’est consacré aux changements induits par le fonctionnement des marchés énergétiques. Depuis 2010, il était déjà administrateur d’Edora.

Dur de la feuille. Ce mercredi, le directeur général de Flagey, Gilles Ledure, était l’invité de Bertrand Henne sur Matin Première (RTBF). Faute de frappe sur les fiches préparées pour le journaliste ou simple distraction? Toujours est-il que le patron de l’institution culturelle a été présenté comme Gilles LeBure. Souci de cohérence ou absence d’une bonne âme pour signaler au journaliste son erreur? Toujours est-il que Bertrand Henne a continué à nommer son invité Gilles Lebure jusqu’au bout de l’émission. "Errare humanum est, perseverare diabolicum". à méditer.

Erreur d’aiguillage? Ce jeudi après-midi, une manifestation inattendue occupait la place Surlet De Chokier où se trouve le siège du gouvernement de la Communauté française. Des étudiants flamands protestaient contre l’augmentation du minerval envisagée par le gouvernement… flamand pour redresser le budget de l’éducation. Soit les manifestants ignorent que le siège de leur gouvernement se situe dans le quartier de la place des Martyrs (auquel cas, il semble urgent de ne pas réduire les budgets de l’éducation), soit, et c’est plus vraisemblable, ils voulaient faire entendre leur voix sous les fenêtres du parlement flamand. Mais comme celui-ci se trouve en zone neutre, interdite aux manifestations, ils se sont rabattus sur la place la plus proche. Les riverains ont dû apprécier ce changement de style après les manifestations des étudiants, des artistes, du non-marchand, des enseignants et du personnel administratif et ouvrier dépendant de la Communauté… française.

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Par Jupiter! Invité mardi à prendre la parole lors du colloque organisé par l’association européenne des gestionnaires de stades de football, Jérôme Champagne, candidat à la présidence de la Fifa, s’est échiné à qualifier notre "Jupiler Pro League" (le championnat de Belgique) de "Jupiter Pro League". À la traîne par rapport à ses voisins, le championnat belge ne mérite pourtant pas pareil qualificatif flatteur (pour les non-initiés à la mythologie romaine, Jupiter est le maître des dieux). À moins qu’avec son patronyme, il en coûte à Jérôme Champagne de prononcer le nom d’une marque de boisson houblonnée…

Pour sauver l’ambiance. Léopold Lippens, bourgmestre de Knokke, a soutenu le rachat d’un immeuble au Zoute pour sauver la librairie qui s’y trouvait et qui avait été fermée. La commune a acheté le bien immobilier et le loue désormais à un prix d’amis au libraire. Le raisonnement du bourgmestre est imparable: sans kiosque à journaux, pas de bar, pas de café, pas d’ambiance… et il cite l’exemple de Paris où kiosques et petits bistrots cohabitent toujours, même dans les rues commerçantes.

Water à la bouche. "Nourriture entièrement chemisée métal": on pourrait traduire comme cela la raison sociale d’une nouvelle entreprise qui a vu le jour dans le Hainaut. Food Metal Jacket est, comme son nom ne l’indique pas forcément, spécialisée dans la cuisine itinérante ou nomade: le chef de ce restaurant sur roues propose des recettes originales à base de produits locaux. On peut s’extasier devant le nom qu’il a choisi pour sa SPRL créée en juillet dernier, on peut aussi se demander pourquoi faire référence au film de guerre de Stanley Kubrick "Full Metal Jacket". Ce titre faisait allusion à un type de munition utilisé par les Marines américains ("balle entièrement chemisée métal", littéralement). Peut-être le cuisinier fondateur veut-il signifier qu’il a beaucoup de munitions dans sa cartouchière, entendant par là des ingrédients nombreux, riches et variés dans ses frigos… Quoi qu’il en soit, devant un tel nom de société, nous, on reste baba.

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