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Les coulisses

©Nicolas Vadot

Des Wallons brouillés avec les chiffres/Quand Canal + emploie les grands moyens/Bisbrouille PS-PS sur les CPAS/Mons 2015 mis à toutes les sauces/Le repas trois étoiles… moins une de Carlos Brito/Où l'on invoque les mânes de Guy Mathot/Quand les hôteliers se f… de nous

La Wallonie qui gagne… des sous

Non, ce qui suit ne caresse pas dans le sens du poil la Wallonie qui gagne à laquelle on rêve, et encore moins ses édiles qui auraient à jamais tourné la page de l’incurie pour hisser la Région au rang qu’elle mérite. Un brin de contexte: l’Europe demande à la Belgique de lui dresser la liste des projets à haute valeur ajoutée et en mal de financement dans lesquels il faudrait investir d’ici 2018. À la Belgique comme à tous les États membres, elle transmet un document Excel avec en-têtes prêt à l’emploi. Il faut lister les projets, leur nature et l’investissement requis. L’État fédéral répercute la demande aux régions. La Flandre dresse une liste claire, complète et concise, rien à dire. Bruxelles, on ne sait pas — le gouvernement de Rudi Vervoort n’a pas voulu (osé?) nous transmettre le document complet. Quant à la Wallonie, elle a remis un document intéressant. Sous l’en-tête "Investment (EUR bn)", on trouve notamment "1.335,93" pour la gestion des eaux et des friches industrielles. Plus d’un trillion d’euros, ça fait beaucoup. Ils ont dû rire à la Banque européenne d’investissement et à la Commission. Reste à savoir comment les fonctionnaires européens ont bien pu interpréter le "0.217,8" milliard d’euros dédié à l’efficacité énergétique dans les bâtiments… Édifiant. On notera que le gouvernement wallon (comme le bruxellois, comme certains acteurs privés) s’est plié d’assez mauvaise grâce à cet exercice dont il ne comprend pas d’emblée l’utilité. Alors, pied de nez à l’Europe de Juncker ou bâclage coupable?

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Grosse artillerie

Alain Courtois, le médiatique échevin des sports MR de la ville de Bruxelles, ne lâche pas l’os. Il veut savoir ce qui s’est réellement passé lors de l’attribution des Coupes du Monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar. Déjà auditionné en tant que maître d’œuvre de la candidature belgo-néerlandaise pour 2018 par le désormais célèbre procureur Michael Garica, il a accueilli ces derniers jours à l’hôtel de ville de Bruxelles des reporters du prestigieux "Sunday Times" et de Canal + qui enquêtent sur les magouilles supposées de la Fifa. "Incroyable, raconte-t-il, visiblement impressionné; Canal +est venu avec une énorme équipe dont pas moins de quatre journalistes, on aurait dit qu’ils tournaient un film!" Et d’espérer que le reportage sera à hauteur des moyens déployés.

Aider les CPAS, non merci!

Un peu hardiment, Paul-Emile Mottard (PS), président de l’Association des Provinces Wallonnes (APW), laissait entendre, dans des propos relayés notamment par l’Echo, que les cinq provinces sudistes seraient "mobilisables pour venir en aide aux CPAS wallons et soulager ainsi la Région wallonne ou les communes". Des propos (de table?) qui ont en tout cas fortement hérissé la coalition PS-MR aux commandes du Hainaut. Dans un billet récent qu’il adresse au président de l’APW, Serge Hustache (PS aussi), en sa qualité de président du collège provincial, regrette d’emblée le "manque de concertation préalable" sur de tels supposés engagements. Hustache, fort il est vrai des 1.328.760 Hennuyers qu’il assure représenter (37,3% de la population wallonne quand même), renvoie donc sèchement Mottard à ses études! "Le Hainaut ne souhaite nullement se positionner comme un simple tiroir-caisse" (sic), prévient le plénipotentiaire hennuyer qui, en résumé et en matière d’assistance aux communes ("supracommunalité" dit-on aussi!) privilégie des "soutiens à des initiatives locales de terrain et la mise en œuvre de synergies plutôt que d’apporter des dotations financières." Voilà les choses clairement dites, en attendant le tout prochain colloque de l’APW sur la place des provinces dans la… supracommunalité!

Chasse aux sorcières

Il est écrit que tout fera donc farine au moulin de "Mons, capitale européenne de la Culture" l’an prochain! Ainsi vient d’être lancée une pétition, comme il se doit, "d’initiative citoyenne", pour que soit engagée, devant le collège de Mons que préside aujourd’hui à plein temps Elio Di Rupo, une procédure en réhabilitation d’une "pauvre fille" dénommée Marguerite Tiste, "étranglée à un poteau" (sic) puis brûlée sur la Place du Marché de Mons en….1671! La jeune fille était accusée de s’être donnée au diable, "qui lui a mis sa marque et lui a confié une graisse pour s’oindre les membres et s’envoler aux danses". Les magistrats de Mons lui reprochaient aussi d’avoir ensorcelé des enfants avec…. une pomme cuite et une tartine. Rien que ça! On doit cette détonante initiative citoyenne à un certain Charles Henneghien, "Montois d’adoption, photographe-reporter, conférencier et auteur de nombreux livres" qui n’hésite pas à écrire que "dans le cadre de Mons 2015" (nous y voilà!), la ville ferait, en répondant à cette pétition, "une puissante démonstration de sa capacité à reconnaître "nos" barbaries passées, alors que l’obscurantisme renaît en divers coins de notre monde actuel." Et le dénommé Henneghien de conclure ainsi la missive qu’il adresse au collège montois: "la justice, même tardive, est gage de démocratie."

Elio Di Rupo réhabilitera-t-il en 2015 la "sorcière" Marguerite Tiste?

Mise en bière

"Une Stella ne peut se boire autrement qu’en calice."

Carlos Brito
CEO d’AB Inbev

Mercredi soir, l’administrateur délégué d’AB InBev a accueilli quelques journalistes belges autour d’un excellent repas au siège de Brewers of Europe, l’association professionnelle des brasseurs européens, à quelques pas de la Gare du Luxembourg dans le quartier européen de Bruxelles. Les experts gastronomiques mobilisés pour l’occasion par AB InBev ont mis le "food pairing" à l’honneur. Comme de bien entendu, l’art d’accorder les mets et les vins a été revisité pour l’occasion à la "sauce" bière. C’est ainsi qu’une Leffe Royale accompagnait le carpaccio, une Blanche de Hoegarden un plat de poissons, une Leffe Brune la viande farcie… Raffinement supplémentaire, chaque mariage de plat et bière était savamment présenté par Charles Nouwen, le maître brasseur qui a mis au point la Leffe Royale. Peut-être titillé par la verve de son maître brasseur, ou stimulé par des journalistes taquins, Carlos Brito s’est laissé aller à commenter l’art de servir la Blanche. Après avoir insisté sur l’utilisation du verre ad hoc, il a confessé qu’en privé, à la maison, il aimait boire une Budweiser. Ou, s’il est de sortie au restaurant, une Stella au fût. "Une Stella ne peut se boire autrement qu’en calice", a insisté le CEO brésilien. Il a aussitôt indiqué aux responsables du repas qu’il souhaiterait qu’on serve tout à l’heure la Stella dans les bons calices. Seulement voilà, la suite du programme gastronomique ne prévoyait aucun "pairing" avec la marque. On a eu droit à un verre de cidre Stella Artois, tel qu’on en trouve dans le commerce en Angleterre, puis à une pinte de Kriek Bellevue. Tout cela était très bon, les mélanges solides-liquides étaient très convaincants, mais le CEO est resté sans Stella — et sans calice. Une étoile manquait donc à ce festin à l’heure de prononcer le traditionnel "Ite, la mousse est dite"…

L’ombre de Guy Mathot

Jean-Claude Marcourt, le ministre wallon de l’Economie, est bien connu pour tenir parfois des propos au vitriol. On en a encore eu un bel exemple mardi passé au Théâtre de Liège, où le ministre a recouru au laser verbal lors de la clôture des journées de réflexion du Groupement de redéploiement économique de Liège (GRE-Liège), qui étaient consacrées à la santé: "je ne lirai pas le discours que mes collaborateurs ont préparé. Je préfère vous dire ceci. Il y aura bientôt dix ans que Guy Mathot nous a quittés. Il a été le premier à s’attaquer à la restructuration du secteur hospitalier dans la région liégeoise. Je ne suis pas sûr qu’il serait fier de voir ce que nous avons fait en dix ans". Silence. L’ombre de Guy Mathot a plané un instant sur l’assistance. Pour la petite histoire, la cellule "Santé" du GRE-Liège a été mise sur pied par… Alain Mathot, fils de. Il y a en Belgique quelque chose comme 45.000 lits d’hôpitaux, soit 4 pour 1.000 habitants. C’est trop, disent les experts. Il y a surtout plus de 5 lits pour 1.000 habitants dans la région liégeoise. Pas la peine de prendre sa calculette: cure d’amaigrissement en vue. Avec, parallèlement, une réduction des coûts et une mutualisation de ceux-ci à travers des programmes de "coopétition". Coopétition? Ce n’est pas une faute de frappe mais la contraction de coopération et de compétition. Les hôpitaux doivent rester concurrents, mais ils peuvent, ils doivent travailler ensemble. C’est là-dessus qu’on a phosphoré au GRE-Liège. Il va falloir maintenant aller plus loin – il y a déjà des initiatives, dans la formation par exemple – et surtout y aller vite.

Pollution sonore

Les petits hôtels familiaux, les chambres d’hôtes et autres offres circulant sur le web, que les professionnels de l’horeca appellent non sans mépris "le marché gris", connaissent un succès grandissant. Ce mépris, on le hume aussi dans la communication de l’industrie hôtelière où l’on ne craint pas de nous vendre des vessies au prix des lanternes. Bref, on nous prend, vous, moi, tout le monde, pour des gogos. Dernier exemple: "réduction sonore de 30% par rapport à une chambre d’hôtel standard", clame IHG (Intercontinental, Crowne Plaza, Holiday Inn…) dans un communiqué où l’on est censé nous apprendre, entre autres billevesées sur les exigences des voyageurs de la génération Y, que grâce à la rénovation des chambres "les tests clients auraient mis en évidence une réduction de 30% du niveau sonore". Le conditionnel ne vous aura pas échappé. Pourtant, ce n’est pas ce qui a fait bondir un consultant du secteur: "30%! Vous vous rendez compte! Ces types se f… de nous!" Il paraît qu’il a fallu deux ans d’études pour en arriver à cette réduction sonore, poursuit notre interlocuteur, "alors qu’on a supprimé les portes capitonnées, que les murs n’ont jamais été aussi fins et qu’il n’y a jamais eu autant de bruit dans les couloirs d’hôtels". Bref, on enfonce des portes ouvertes et on s’étonne que le bruit passe.

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