Les critères de priorité pour la vaccination restent dans le flou

Les activités collectives pourront reprendre pour les 12-18 ans. En extérieur, et en respectant une bulle de dix. En contrepartie, les moins de 12 ans voient leurs activités extrascolaires rabotées. ©Shutterstock

Les ministres de la Santé n'ont pas encore tranché l'épineuse question des publics prioritaires pour la vaccination, qu'il s'agisse des patients à risque ou des fonctions critiques.

C'est ce qui s'appelle une journée en mode mineur. On attendait éclaircissements et avancées sur le front de la lutte contre le coronavirus; il n'en a (presque) rien été.

Il y avait d'abord la CIM, pour Conférence interministérielle, réunissant la brochette des ministres de la Santé. Au programme, les rapports remis par le Conseil supérieur de la santé et par le Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail, devant permettre de progresser dans l'élaboration de la stratégie de vaccination. Sauf que la rencontre au sommet n'a débouché sur aucune décision.

De quoi traitent ces avis? Le premier fournit des recommandations pour la définition des patients à risque, présentant des facteurs de comorbidité leur ouvrant une priorité dans la ligne des vaccinations – on parle d'un début en mars, contre juin pour le reste de la population. Pour l'heure, impossible de mettre la main dessus; il sera finalisé et rendu public début février.

Adieu, fonctions essentielles?

Par contre, il semblerait que la population visée s'élargisse. Alors que l'on parlait initialement de la tranche d'âge comprise entre 45 et 65 ans, il serait question d'ouvrir cet accès prioritaire à toutes les personnes majeures présentant des facteurs de risque. À confirmer toutefois.

1,3
million
C'est le nombre de personnes estimées à risque aujourd'hui, c'est à dire présentant des facteurs de comorbidité.

Le second avis porte sur le dernier groupe prioritaire, à savoir les fonctions critiques au sein des secteurs essentiels. Sauf que les partenaires sociaux ont confirmé qu'ils n'étaient pas demandeurs d'une vaccination avancée pour certaines fonctions essentielles, et ne souhaitent pas non plus que les grandes entreprises se chargent elles-mêmes de la vaccination de leurs travailleurs. Une fin de non-recevoir, donc. Qui expliquerait pourquoi les critères de santé seraient appliqués à tous les Belges de plus de 18 ans, puisque les fonctions essentielles "sautent"? À confirmer, disait-on.

Un geste suffisant envers la jeunesse?

Voilà pour la CIM. Qu'en est-il de la concertation prévue ce jeudi entre les entités fédérées et l'étage fédéral, censée aborder la situation dans les écoles et l'impact des mesures sanitaires actuelles sur la jeunesse? Réunion annulée mercredi, au vu de la proposition formulée par les Communautés. Qui se sont entendues mardi soir pour autoriser à nouveau les activités collectives pour les 12-18 ans, à condition qu'elles se déroulent à l'extérieur et au sein de bulles composées d'au plus dix participants. En contrepartie, les activités extrascolaires pour les moins de 12 ans sont rabotées, devant elles aussi respecter cette bulle, et être limitées à une par semaine.

"L'idée est d'agir sur le levier extrascolaire, afin de garder les écoles ouvertes."
Une source gouvernementale

Une proposition que le kern a validée. "L'idée est d'agir sur le levier extrascolaire, afin de garder les écoles ouvertes", glisse-t-on du côté du gouvernement De Croo. Reste à savoir si ce sera jugé suffisant, comme signal en direction de la jeunesse, que ce confinement à rallonge met à rude épreuve.

En mars, les nouveaux variants règneront en maîtres

Il a énormément été question, ces derniers jours, de l’irruption dans nos contrées des nouveaux variants du virus, et de la situation dans les écoles. Deux rapports d’experts sont venus objectiver les choses, et le tout a été passé à la moulinette du Commissariat corona. Voici ce qu’il en ressort.

Pour l’heure, aucune donnée ne permet d’affirmer que le variant anglais génère davantage d’hospitalisations et de décès, ni même qu’il puisse être à la source de réinfections. Ce qui ne fait pas de doute, par contre, c’est son surplus de contagiosité et le fait qu’il gagne sans cesse du terrain (11% par jour). S’il ne représente à l’heure actuelle qu’entre 15% et 25% des cas détectés, les projections indiquent qu’il grimpera à 90% d’ici la fin février. Avec le stimulus que cela imprimera à l’épidémie, puisque son taux de reproduction, stagnant autour de l’unité, est appelé à grimper dans le même temps vers 1,65. Ajoutez à cela le variant sud-africain, lui aussi aperçu en Belgique: il se dit que ces nouveaux venus auront totalement remplacé la souche "classique" d’ici le mois de mars.

Place aux jeunes, à présent. Oui, on déniche de plus en plus de moins de 19 ans positifs au coronavirus. Logique: on les teste nettement plus. Si l’on se penche sur le taux de positivité, celui-ci se montre stable. Stable, avec même une très légère tendance à la régression, indiquent les données de Sciensano. S’agissant d’un des indicateurs les plus importants, le Commissariat recommande de garder un œil attentif à cette évolution, spécialement chez les enfants de 2 à 6 ans.

Ce qui place forcément les écoles au cœur de l’attention. Depuis janvier, le nombre de foyers détectés ne cesse d’augmenter. Pas de la même façon partout: 121 «clusters» ont été détectés en Flandre, contre 50 en Fédération Wallonie-Bruxelles, où les personnes touchées ne pèsent qu’environ 0,2% de la population scolaire. Si une centaine d’écoles ont été partiellement ou totalement fermées en Flandre, elles ne sont que 14 en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Une base de données plus robuste et accessible à tous aiderait à y voir plus clair, relève le Commissariat. Qui insiste sur la nécessité de renforcer les mesures existantes et de suivre tout cela de très près.

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