Les départs volontaires en diminution pour la première fois en 5 ans

Le nombre de travailleurs engagés avec un CDI qui ont choisi de quitter leur emploi a diminué de 18% en 2020. ©Bloomberg

En 2020, les travailleurs ont joué la carte de la sécurité en s'accrochant à leur emploi dans le contexte de la crise sanitaire, montre une étude Sécurex.

Les départs volontaires des travailleurs sous contrat à durée indéterminée ont diminué de 18% l'année dernière par rapport à 2019, selon une étude du secrétariat social Securex menée auprès de 42.500 travailleurs. Les cinq années précédentes avaient été marquées par une croissance constante de ces départs volontaires.

"Les opportunités d'emploi sont plus faibles en raison de la crise et les travailleurs, malgré la remise en question de leur rôle au sein de leur entreprise, préfèrent jouer la carte de la sécurité", analyse Guillaume Bosmans, expert en étude RH chez Securex. "Lorsque la crise sera passée, nous devrions nous attendre à une reprise plus dynamique du marché du travail avec des départs volontaires plus nombreux, à condition, bien sûr, qu'il y ait plus de postes vacants."

La gravité de la crise sous-estimée

Cette tendance concerne toutes les Régions, même si le taux de départs volontaires est légèrement plus élevé en Flandre (5,3%, contre 4,44% en Wallonie et 4,84% à Bruxelles).

À l'inverse, les départs involontaires ont augmenté de 16% l'année dernière, notamment en raison d'une hausse importante du nombre de faillites et de départs en (pré)pension qui ont atteint leur taux le plus élevé depuis 2015. Securex s'attend à ce que ce constat s'accentue en raison de la crise.

"Nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête du marché de l'emploi. Les indicateurs traditionnels masquent, pour l'instant, la gravité de la crise."
Paul Verschueren
Directeur régional de Federgon

Selon Paul Verschueren, directeur régional de Federgon, la fédération des opérateurs privés du marché du travail et des prestataires de services RH, les mesures comme le chômage temporaire pour les salariés et le droit passerelle pour les indépendants ont pris un caractère quasi structurel et ont provoqué "un effet de 'rétention de la main-d'oeuvre' sans précédent".

"Le résultat est que nous avons une épée de Damoclès, pour ainsi dire, au-dessus de la tête du marché de l'emploi. Les indicateurs traditionnels masquent, pour l'instant, la gravité de la crise", ajoute-t-il.

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