Les diplômés universitaires ne connaissent pas (encore) la crise

Les diplômés de l'UCLouvain n'ont pas été moins nombreux que d'habitude à décrocher un job en 2020. ©REUTERS

Malgré la crise, le taux d'employabilité des diplômés de l'UCLouvain est resté stable en 2020. Près de 45% des jeunes reconnaissent toutefois avoir adapté leurs exigences.

La crise sanitaire n’a pas eu d’impact sur le taux d’insertion socioprofessionnelle des diplômés de l’UCLouvain en 2020. Trois mois après l’obtention du précieux sésame, 65% d’entre eux disposaient d’un emploi rémunéré, alors qu’ils n’étaient que 62% dans le cas en 2018. Ce résultat, quasi inchangé par rapport à l’enquête précédente, constitue évidemment une "agréable surprise", souligne le vice-recteur aux affaires étudiantes, Philippe Hiligsmann. Autre élément positif: 91% des diplômés ayant décroché un emploi se disent globalement satisfaits de leur situation professionnelle. 

65%
Des diplômés de l'UCLouvain
Trois mois après l'obtention de leur diplôme en 2020, 65% des jeunes issus de l'UCLouvain disposaient d'un emploi rémunéré.

Comme de coutume, certains secteurs sont davantage pourvoyeurs de jobs que d’autres. Les ingénieurs, mais aussi les professionnels de l’enseignement, restent par exemple fort demandés. L’année dernière, une légère augmentation dans le domaine des soins et de la santé a aussi été constatée, tandis que dans celui de la culture et de la communication, ce fut plutôt la soupe à la grimace. "Il s’agit de la seule baisse significative que nous avons identifiée par rapport à 2018. Il ne faut pas faire un dessin: tout étant fermé dans le secteur culturel, il est clair que ce fut très compliqué pour les diplômés de 2020", note Hiligsmann. 

Exigences revues à la baisse

Attention, si le taux d’insertion socioprofessionnelle reste inchangé, cela ne signifie pas pour autant que la crise n’a pas eu d’impact sur la recherche d’emplois des néo-diplômés. Près de 60% d’entre eux estiment d’ailleurs que celle-ci a été plus compliquée, notamment en raison d’un manque accru de postes ouverts sur le marché. Les autres difficultés mentionnées – absence de réseau professionnel, manque de compétences en langues étrangères, difficulté à définir son orientation, etc. – restent, quant à elles, semblables à celles formulées en 2018. 

Fait notable: 44% des diplômés affirment avoir adapté leurs exigences pour trouver un job. Autrement dit, certains jeunes ont, au vu des circonstances, pris des boulots dont ils n’auraient potentiellement pas voulu en temps normal. Accepter un salaire moins élevé, un contrat plus insécurisant ou encore un emploi moins en adéquation avec le niveau de leur diplôme, ce fut vraisemblablement le lot d’un certain nombre de diplômés en 2020. 

44%
Des diplômés de l'UCLouvain en 2020
44% des diplômés de l'UCLouvain affirment avoir adapté leurs exigences pour décrocher un emploi.

2021, une autre paire de manches

Philippe Hiligsmann, qui affirme que l’inquiétude ne fait pas partie de son ADN, reconnaît toutefois que l’insertion socioprofessionnelle des diplômés pourrait être plus ardue en 2021. "On risque en effet d’avoir un marché de l’emploi plus déstabilisé, avec une reprise qui sera lente, mais pas absente. Je pense que beaucoup dépend cependant de la manière dont les candidats se préparent", nuance-t-il, mentionnant les multiples initiatives dans les universités pour favoriser la mise à l'emploi, mais aussi celles prises directement par les étudiants. A ce titre, 24% d’entre eux assurent avoir adopté en 2020 des "stratégies" pour faciliter leur insertion socioprofessionnelle. "Certains ont par exemple effectué des stages ou pris des contacts avant leur diplomation", illustre le vice-recteur. 

Autre atout en faveur des diplômés universitaires: les métiers auxquels ils sont formés ont été moins impactés par la crise que d’autres, notamment ceux nécessitant moins de qualifications. Si les chiffres pour les diplômés de l'UCLouvain sont positifs, il convient de garder à l'esprit que le chômage global des jeunes de moins de 25 ans s'est lui accru au cours de l'année écoulée. Sur base annuelle, il enregistre une hausse de 7,2% en Wallonie et de 6,9% à Bruxelles.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés