Les étudiants francophones traînent pour finir leurs études

©Frank Toussaint

Seuls 27% des étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles finissent leur parcours de bachelier dans le temps normalement imparti pour leur cursus. Les échecs, les mauvaises orientations et les décrochages expliquent en partie ce mauvais résultat, selon la publication 2019 "Regards sur l'éducation" de l'OCDE.

Les jeunes francophones sont nombreux à rejoindre l’enseignement supérieur, mais ils "traînent" quelque peu en route avant d’être éventuellement diplômés. C’est ce qui ressort de "Regards sur l’éducation", une publication annuelle de l’OCDE.

Selon cette analyse, 72% des jeunes adultes en Belgique se lancent dans un programme de bachelier (ou équivalent) avant l’âge de 25 ans. C’est tout simplement le pourcentage le plus élevé de tous les pays de l’OCDE. Cela souligne donc que notre enseignement supérieur est très accessible. Les examens d’entrée sont effectivement rares (médecine et polytech essentiellement).

Mais seuls 27% des étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles finissent leur parcours de bachelier dans le temps normalement imparti pour leur cursus (généralement trois ans), ce qui est un des plus mauvais résultats de l’OCDE. En Flandre, ce chiffre est à peine meilleur (33%). Autrement dit, les échecs, les mauvaises orientations et les décrochages sont nombreux. En Communauté française, plus de 20% des étudiants en premier bachelier ne sont plus inscrits un an plus tard.

Seuls 27% des étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles finissent leur parcours de bachelier dans le temps normalement imparti.


Si l’on ajoute trois ans supplémentaires à la durée normale du bachelier, le taux de diplômés passe à 54% en Fédération Wallonie Bruxelles (contre 67% en Flandre, au même niveau que la moyenne OCDE).

L’OCDE tempère toutefois cette mauvaise impression: prendre du temps supplémentaire avant d’arriver au diplôme n’est pas forcément négatif. Cela témoigne aussi d’une flexibilité du système, par exemple par la possibilité de reporter des crédits d’une année à l’autre, ce qui pour effet d’étaler la formation. Ce temps peut être bénéfique aux étudiants pour qu’ils atteignent le niveau requis.

Doctorats

Un autre chiffre interpellant concerne le nombre de doctorants. C’est un indicateur intéressant car il dénote des capacités de recherche et d’innovation. Or, 0,8% des adultes (de 25 à 64 ans) ont un doctorat en Belgique, contre 1,1% en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Enfin, on retiendra encore que la Belgique dépense en moyenne 13.446 dollars par étudiant (du primaire au supérieur, y compris les budgets pour la recherche). Cela représente 5,8% du PIB et c’est bien supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE (10.502 dollars). Ces dépenses sont plus élevées en Flandre (13.960 dollars par élève) qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles (12.801). La différence s’explique surtout par les budgets consacrés à la recherche, nettement plus élevés au nord du pays. 85% des dépenses sont consacrées au salaire des profs et autres membres du personnel.

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