Les femmes peu présentes dans le top management de la fonction publique

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Selon une étude de l’institut pour l’égalité des femmes et des hommes sur la présence des femmes au sommet de la fonction publique, la Belgique est l’un des pires élèves de l’UE.

Sept ans après l’entrée en vigueur de l’arrêté royal de 2012 prévoyant un quota de minimum un tiers de personnes du même sexe aux deux premiers degrés de la hiérarchie, l’institut pour l’égalité des femmes et des hommes s’est penché sur la présence des femmes au sommet de l’administration fédérale. Les conclusions de cette étude sont loin d’être flatteuses. Non seulement les objectifs fixés en 2012 ne sont pas atteints par la plupart des services publics fédéraux mais, en outre, la Belgique est l’un des pires élèves de l’Union européenne en la matière.

29%
En 2017, les femmes ne représentaient que 29% du 1er degré de la hiérarchie de l’ensemble de la fonction publique fédérale (services publics fédéraux et autres institutions publiques telles que l’Inami ou l’AFSCA).

La première inégalité de genre à laquelle les femmes doivent faire face au sein de la fonction publique fédérale concerne leur statut. Alors qu’elles constituent la majorité du personnel, les femmes étaient sous-représentées en 2017 chez les statutaires (49%) tandis qu’elles étaient majoritaires à 68% parmi les contractuels la même année.

La Belgique au fond de la classe européenne 

L’analyse détaillée de l’institut démontre aussi que plus les postes sont élevés dans la hiérarchie, moins les femmes sont représentées.

Prenons les plus hauts postes de management au sein des services publics fédéraux (SPF) et des services publics de programmation (SPP) ainsi que les seconds postes de management les plus élevés, à savoir les directeurs généraux. Entre 2012 et 2017, la proportion des femmes au sein des comités de direction est passée de 10,8% à 18,6%. Une évolution très limitée, estime l’institut pour l’égalité des femmes et des hommes qui précise que cela ne représente, en chiffres absolus, que 13 femmes pour 57 hommes en 2017. La comparaison avec l’Europe n’est pas valorisante pour notre pays puisqu’au niveau des 28 états membres, le pourcentage de femmes à ces deux niveaux s’élève à 41,7%. La Belgique finit bonne dernière dans le classement européen.

La comparaison avec les entités fédérées renforce encore le constat selon lequel le niveau fédéral est à la traîne en matière d’égalité de genre. Alors que seulement un top manager de SPF sur huit était une femme en 2017, elles étaient quatre femmes pour cinq hommes à la Région wallonne, deux femmes pour cinq hommes à la Région bruxelloise, deux femmes pour huit hommes à la Fédération Wallonie-Bruxelles et deux femmes pour neuf hommes en Flandre.

L’arrêté pas respecté

Selon l’étude, l’arrêté royal de 2012 – qui vise les SPF, les SPP et les autres organes parastataux tels que les organismes d’intérêt public (OIP) et les institutions publiques de sécurité sociale (IPSS) – n’est pas resté sans effets. En effet, la proportion de femmes a augmenté ces cinq dernières années passant de 15% en 2012 à 29% en 2017. "Malgré cette augmentation, l’objectif global de représentation d’un tiers au minimum de chaque sexe n’est pas atteint pour l’ensemble des fonctions de management du 1er degré", soulignent les auteurs qui notent que le quota est tout juste atteint pour l’ensemble des postes du 2e degré avec 34,5% de femmes.

L’institut qui demande dès lors au prochain gouvernement de s’engager à assurer la mise en œuvre de l’arrêté royal de 2012 pointe dans son étude les comités de direction les plus inégalitaires. Par exemple, le comité de direction du SPF Finances ne comptait en 2017 que quatre femmes pour 16 hommes, celui de la Justice deux femmes pour neuf hommes, et enfin aucune femme pour six hommes à la Santé publique.

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