Les gouvernements du pays divisés sur les agrocarburants

©BELGA

Dans la dernière ligne droite des négociations du plan national énergie climat (Pnec), les vues divergent sur le futur de l’incorporation des agrocarburants dans le diesel et l’essence.

Après une COP25 décevante, les gouvernements du pays planchent actuellement sur la finalisation du Plan national énergie climat (Pnec). Ce document qui reprend les contributions des trois Régions du pays et du Fédéral en matière de lutte contre le réchauffement climatique doit être remis à la Commission européenne pour le 31 décembre 2019.

Dans ces discussions cruciales, un point semble semer la discorde: les agrocarburants. En cause, le gouvernement flamand plaide pour augmentation de l’intégration des agrocarburants au diesel et à l’essence de 5,5% actuellement à 14% à l’horizon 2030.

2,5 milliards de surcoût

La Région wallonne n’est pas favorable à une utilisation déraisonnée des agrocarburants.
Cabinet du ministre Henry

Si le point fâche, et isole la Flandre des autres gouvernements du pays, c’est, entre autres, parce que cette augmentation de la présence des agrocarburants dans les stations-service engendrerait un coût conséquent. D’après Inter-Environnement Wallonie (IWE), la fédération des associations environnementales, le maintien des 5,5% actuels engendrerait un surcoût de 2,5 milliards d’euros. Un chiffre amené à être revu à la hausse si le gouvernement flamand obtient l’augmentation souhaitée, d’autant plus que celle-ci concernerait des agrocarburants dits "avancés", et donc plus chers, selon IWE.

Seulement, et comme tient à le rappeler le cabinet du ministre wallon à l’Énergie, Philippe Henry (Ecolo), "l’incorporation d’agrocarburants est une responsabilité fédérale". Et d’ajouter, "la Région wallonne n’est pas favorable à une utilisation déraisonnée des agrocarburants mais elle plaide pour la poursuite de la recherche en ce qui concerne les agrocarburants de deuxième et troisième générations".

Une position qui semble être partagée par le cabinet de la ministre fédérale à l’Énergie, Marie Christine Marghem, même si ce denier souhaite attendre la communication officielle sur le Pnec prévue ce mercredi 18 décembre pour se prononcer sur le sujet.

Les agrocarburants, parce qu’ils sont émetteurs de gaz à effet de serre et qu’ils nécessitent l’utilisation de ressources de consommation alimentaire (blé, colza, etc.), sont donc loin d’être une évidence en tant qu’alternative aux carburants traditionnels.

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