Les hébergeuses de migrants acquittées

Les avocats Luc Arnou, Dimitri De Beco, Jan Fermon et Vincent Lurquin. ©BELGA

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a acquitté, ce mercredi, quatre personnes qui avaient recueilli des migrants à leur domicile. Et a infligé des peines de prison avec sursis à des "passeurs" qui n’ont pourtant pas tiré profit de ces voyages vers l’Angleterre.

La décision prise ce mercredi par le tribunal correctionnel de Bruxelles est d’importance: en acquittant les quatre hébergeurs de migrants poursuivis, notamment, pour participation à une organisation criminelle, la Justice a ouvert une porte. "Le message du tribunal est très clair: héberger n’est pas un délit. La portée de ce jugement est importante. J’espère que le monde politique entendra ce message et conduira à arrêter de criminaliser les migrants", a triomphé l’avocat Vincent Lurquin dont le client, un passeur placé sous bracelet électronique, a été condamné à de la prison avec sursis.

"Le tribunal a considéré que les passeurs ne s’étaient pas enrichis personnellement."
Me Dimitri de Beco
avocat de la défense

Parmi les quatre acquittés figurent les têtes de file d’une importante mobilisation associative: les journalistes Myriam Berghe et Anouk Van Gestel. Celles-ci avaient dénoncé ce qu’elles considéraient comme "une farce". Les huit personnes condamnées l’ont été à des peines de 12 à 40 mois de prison avec sursis pour ce qui excède la détention déjà effectuée, pour trafic d’êtres humains. Les préventions d’organisation criminelle ont été requalifiées en association de malfaiteurs, un terme juridique moins fort. Chacun a été condamné à de colossales amendes… avec sursis.

À l’issue du prononcé du jugement, l’avocat d’un de ces passeurs, Me Dimitri de Beco, a souligné le fait "qu’aucune peine de confiscation n’a été infligée. Le tribunal ne l’a pas considéré comme utile et a estimé que les passeurs ne s’étaient pas enrichis personnellement."

L’affaire était partie d’observations policières sur des aires d’autoroute comme Wetteren (Flandre orientale) en 2017. L’enquête de téléphonie a mis en lumière l’existence d’un réseau faisant passer des sans-papiers vers la Grande-Bretagne, via des camions. Il leur était reproché 95 passages. Tous sont aujourd’hui en liberté.

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