Les hôpitaux passent en phase d'urgence maximale

Les hôpitaux doivent passer en capacité maximale d'accueil pour les cas Covid. La situation est très critique, les fédérations plaident pour un confinement complet. ©Photo News

Dès lundi, les hôpitaux vont devoir passer en phase 2B du plan d'urgence hospitalier, soit la phase maximale. Comme au mois de mars. On stoppe toutes les activités non-urgentes.

C'est officiel, dès lundi tous les hôpitaux du pays, sans exception, devront avoir activé la phase 2B du plan d'urgence hospitalier. Ce qui signifie que 60% des lits en soins intensifs devront être réservés aux patients Covid, et 40% de lits supplémentaires devront être créés. A côté de ça, les hôpitaux doivent aussi réserver l'équivalent de six fois le nombre de lits Covid /soins intensifs pour les patients Covid hospitalisés en chambre normale.

"Au dessus de la phase 2B, il n'y a plus rien..."
Yves Smeets
Directeur général de Santhea

Sur le terrain, un grand nombre d'hôpitaux n'ont pas attendu les consignes, et sont déjà dans cette situation, explique Yves Smeets, le directeur général de Santhea, l'une des fédérations hospitalières. Une situation qui est aujourd'hui équivalent à celle du mois de mars. "Au dessus de la phase 2B, il n'y a plus rien..."

Mais la directive est à présent officiellement lancée par le comité "Hospital & Transport Surge Capacity" (HTSC). Les hôpitaux les moins touchés (qui deviennent de plus en plus rares) ne pourront plus prétexter l'impossibilité d'accueillir des transferts. Les hôpitaux disposent aussi d'une base légale ferme pour réorganiser complètement leurs services et le travail du personnel.

Combien de lits?

Concrètement, qu'est-ce que cela signifie? On compte, en temps normal, 2000 lits agréés pour les soins intensifs. En phase 2B, 60% doivent être réservés aux patients Covid, soit 1.200. Mais cette capacité est augmentée de 800 lits que l'on placera dans les salles de réveil, et salles d'opérations. On se retrouve donc avec 2000 lits USI Covid, et 800 lits pour les patients non-covid.

Parallèlement, on crée 300 lits à haut débit d'oxygène, soit l'équipement qui sert actuellement à soigner les patients Covid les plus légers qui sont aux soins intensifs. "En les sortant dans des chambres normales, équipés des respirateurs, cela permet de libérer autant de place pour les cas les plus lourds aux soins intensifs", nous explique Yves Smeets.

2.800
Lits
En passant en phase 2B, on consacre 500 lits supplémentaires des soins intensifs aux patients Covid, ce qui totalise 2.800 lits agréés.

Les hôpitaux se retrouvent donc à devoir stopper toutes leurs activités non-urgentes, comme en mars. "Attention, cela ne veut pas dire que si des personnes sont en souffrance, elles ne doivent pas venir à l'hôpital, insiste le responsable de Santhea. Elles seront toujours prises en charge s'il y a urgence à agir, tout comme les traitements chroniques (chimio, dialyses,...) seront toujours suivis."

Les hôpitaux veulent un confinement complet

Les différentes fédérations hospitalières du pays ont lancé un appel vibrant au comité de concertation qui se déroule ce vendredi. "Les différentes mesures de prévention sanitaire annoncées mercredi par le Premier ministre Alexander De Croo sont insuffisantes. Il faut renforcer le confinement, maintenant. Nos hôpitaux sont à bout de souffle et leur saturation s'annonce inéluctable", écrivent Santhea, Gibbis, Unessa et Zorgnet dans un communiqué commun.

"Selon nous, le confinement est la seule solution efficace pour empêcher la propagation du Covid-19 dans la population."
Les fédérations hospitalières

Sur les sept derniers jours, la situation sur le terrain s'est littéralement emballée. 5.924 patients sont actuellement hospitalisés, et 4.152 d'entre eux sont arrivés durant cette dernière semaine, selon les données de Sciensano. Parallèlement, il faut préciser que 2.259 personnes ont quitté l’hôpital.

Aux soins intensifs, on compte, à la date de mercredi, 993 patients Covid, dont 468 ont été admis durant les sept derniers jours. Quand on sait qu'il faut en moyenne trois à quatre semaines pour retrouver un état de santé qui permette de quitter le service des USI (et que ces services n'accueillent pas que des patients Covid), on comprend vite que la situation est extrêmement critique.

"Selon nous, le confinement est la seule solution efficace pour empêcher la propagation du Covid-19 dans la population et de ralentir, à terme, les hospitalisations. Voulez-vous arrêter cette spirale infernale?", concluent les fédérations, alarmées.

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