Les hospitalisations Covid augmentent, mais pas d'affolement

Les cas de Covid se multiplient à nouveau, mais pas de quoi affoler les services de soins intensifs. ©Photo News

La situation des hôpitaux bruxellois face à la remontée des cas de coronavirus n'est pas inquiétante. "On est bien loin des niveaux atteints au plus fort de la crise", disent les responsables.

Les cas de Covid-19 se multiplient à Bruxelles, les règles se durcissent à nouveau, mais dans les hôpitaux, que se passe-t-il ? Faut-il craindre de nouveaux débordements? Va-t-on se retrouver à nouveau avec des soins intensifs saturés ?

Fin de la semaine dernière, et encore ce lundi dans Le Soir, plusieurs hôpitaux admettaient avoir rempli le quota de lits  dédiés aux patients Covid, soit en chambre, soit aux soins intensifs.  Mais les responsables d’hôpitaux relativisent.  "Notre nombre de patients Covid aujourd'hui est très faible", nous dit Philippe Leroy, directeur général de l'hôpital Saint-Pierre, l'un de ceux qui ont été le plus sollicités au plus fort de la crise, en mars et avril derniers. "Cela n'a aucun rapport avec ce que l'on a connu."

Situation sous contrôle

Même son de cloche à Saint-Luc, où le responsable des soins intensifs, Pierre-François Laterre, explique que si le nombre d'hospitalisations a en effet augmenté ces deux dernières semaines, on reste loin du dérapage. "La crise est gérée, dit-il. Le nombre de lits aux soins intensifs consacrés aux cas Covid a été en effet complètement occupé, mais un des patients est sorti aujourd'hui. Nous avons 4 lits occupés sur les cinq. Et au niveau des hospitalisations, nous avons dû ouvrir une nouvelle unité car nous avons dépassé les 20 malades, mais on est à 10% de ce que l'on a connu au mois de mars."

"On est à 10% de ce que l'on a connu au mois de mars, il y a une hausse, oui, mais elle est complètement gérée."
Pierre-François Laterre
Chef du service des soins intensifs de Saint-Luc (Bruxelles)

Les chiffres diffusés par Sciensano sur la situation sanitaire parlent d'ailleurs d'eux-mêmes. On comptait à la date de dimanche 654 patients Covid hospitalisés (178 à Bruxelles) et 77 patients aux soins intensifs (44 à Bruxelles). Une hausse, il est vrai, de respectivement 51% et 75% par rapport au 20 septembre. Mais début avril, au plus fort de la crise, On avoisinait les 5.500 hospitalisations, dont 1.144 patients aux soins intensifs.

Le docteur Philippe El Haddad, directeur général médical du Chirec, estime aussi que l'on n'est pas dans une situation catastrophique. "J'ai même l'impression qu'après cette hausse, cela va plafonner, estime encore le responsable, et c'est normal qu'après les réouverture des écoles et la reprise d'une plus grande activité, on ait eu une hausse. Cela n'empêche pas d'insister sur la nécessité de porter le masque, de respecter les gestes barrières, de ne pas approcher les personnes âgées. C'est le plus important; le reste, c'est du matraquage", dit le médecin.

654
patients
Dimanche, 654 personnes étaient hospitalisées pour cause de Covid, dont 178 à Bruxelles.

Relever les quotas?

Pas d'affolement donc. Si l'on peut parler aujourd'hui de "saturation" des services de soins bruxellois, c'est par rapport à un quota de lits dédiés aux patients Covid qui est très faible (3 ou 4 lits par hôpital en moyenne). Les responsables attendent de voir si les autorités décideront ou pas de relever ces quotas. "Tout l'enjeu, dit Philippe Leroy, est de ne pas devoir arrêter à nouveau nos activités programmées pour accueillir des patients Covid." Les reponsables d'hôpitaux réclament d'ailleurs un mécanisme de coordination fédéral qui permettrait de répartir les patients Covid nécessitant des soins sur toutes les régions du pays.

"J'ai même l'impression qu'après cette hausse, cela va plafonner."
Philippe El Haddad
Directeur général médical du Chirec

Une absence de solution en ce sens ne ferait pas l'affaire des hôpitaux bruxellois. Ils risquent de pâtir à nouveau de la crise, à la fois sur le plan financier et sur le plan humain. Financièrement, car une hausse de l'accueil des patients Covid nécessiterait de ralentir leurs activités "normales" (consultations, opérations,...), ce qui impliquerait de nouvelles pertes financières. Sur le plan humain aussi car les équipes sont déjà très fatiguées, et n'ont pas envie de devoir rejouer un match contre le Covid tel que celui qu'elles ont connu en mars-avril...

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