Les indépendants belges ont la palme des heures de travail en Europe

©Thierry du Bois

De tous les indépendants en Europe, ce sont les Belges qui travaillent le plus.

Dans notre pays, l’image de l’indépendant qui s’affaire jour et nuit pour mener à bien ses activités est loin d’être usurpée. Les chiffres de l’Office statistique de l’Union européenne, Eurostat, révèlent en effet que les indépendants belges à temps plein se situent tout en haut du classement du Vieux continent, devançant largement leurs confrères des autres pays. Au-dessus de la barre des 50 h/semaine, on ne pointe en effet que les Autrichiens (51,8 h) et les Grecs (50,8 h). La moyenne européenne se situe chez les indépendants à 47 heures par semaine.

L’indépendant belge s’investit dans son affaire 53 heures par semaine, contre une moyenne européenne de 47 heures.

Les journées de travail des indépendants sont ainsi bien plus longues que celles des salariés et des fonctionnaires à temps plein. Dans notre pays, ces derniers sont au boulot durant 39h/semaine. " Cet écart est logique dans la mesure où un indépendant n’a ni horaire fixe, ni revenu fixe ", souligne le spécialiste en économie du travail, Stijn Baert (UGent). " Plus l’indépendant travaille, plus ses revenus augmentent. En outre, vu la pression fiscale élevée dans notre pays, il faut travailler dur pour avoir un revenu net suffisant. Y compris pour conserver son niveau de vie dans le futur puisque la pension des indépendants est plutôt faible. "

Stijn Baert avance d’autres raisons pour lesquelles les indépendants s’obligent à de longues journées de travail, comme les nombreuses démarches administratives et le coût du recrutement de personnel. " Vu la hauteur des coûts salariaux, les indépendants réfléchissent à deux fois avant d’engager quelqu’un. Ils préfèrent généralement travailler eux-mêmes plus longtemps. " Qui plus est, compte tenu de la pénurie sur le marché du travail, les indépendants ont toutes les peines du monde à pourvoir leurs postes vacants.

"Ce ne serait pas une bonne idée de supprimer les flexi-jobs ."
Danny Van Assche

Selon Danny Van Assche, président d’Unizo (organisation flamande des classes moyennes), les chiffres correspondent aux résultats des enquêtes que son organisation a menées précédemment. " 75 % des indépendants sont très contents de l’être mais près de la moitié se plaint de la longueur des journées de travail. Surtout dans les secteurs de l’horeca et du commerce de détail. "

Unizo plaide en faveur d’une réduction des charges salariales pour les emplois peu qualifiés afin de diminuer le coût du recrutement de personnel dans l’horeca et les commerces. " Dans cet esprit, et au vu de ces chiffres, ce ne serait pas une bonne idée de supprimer les flexi-jobs ", poursuit Danny Van Assche. Un flexi-job permet à une personne qui travaille déjà d’effectuer quelques heures en plus par semaine, à un coût moindre. Le parti écologiste flamand, Groen, veut mettre fin à ces flexi-jobs qui, selon lui, évinceraient le travail régulier. 

Maggie De Block, prône une harmonisation à terme des statuts des salariés et des indépendants.

Dans leur programme électoral, la plupart des partis politiques ont inscrit une baisse des charges pour les personnes peu ou pas qualifiées. Certaines formations promettent également de mettre en œuvre des mesures spécifiques en faveur des indépendants. Ainsi, la N-VA plaide pour l’instauration d’une déduction d’entrepreneuriat pour les indépendants qui ne travaillent pas en société, afin de réduire leurs impôts. Ces indépendants ne bénéficient pas en effet de la baisse de l’impôt que les sociétés paient sur leurs bénéfices.

Du côté de l’Open VLD, la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Maggie De Block, prône une harmonisation à terme des statuts des salariés et des indépendants. Cette mesure augmenterait la pension des indépendants et leur conférerait plus de droits aux allocations de chômage et de maladie.

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