Les investisseurs américains veulent la stabilité politique en Belgique

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La chambre de commerce américaine en Belgique (AmCham) recommande de poursuivre les réformes entamées sous le gouvernement Michel.

Alors que le scrutin du 26 mai se rapproche, la Chambre de commerce américaine en Belgique (AmCham) recommande de poursuivre les réformes entamées par le gouvernement Michel. Ce qui suppose une formation rapide des différents gouvernements. Dans son mémorandum, l’AmCham plaide pour un environnement politique "sûr" et "prévisible". La crise des 541 jours sans gouvernement en 2010-2011 avait en effet été largement commentée de l’autre côté de l’Atlantique, offrant l’image d’un pays ingouvernable et impossible à réformer.

Les réformes souhaitées par l’AmCham portent principalement sur le marché du travail, les dépenses publiques et la fiscalité des entreprises.

Atténuer l’indexation automatique

Le coût du travail demeure un écueil lorsqu’il est question d’investir en Belgique. C’est pourquoi l’AmCham formule une double proposition: plafonner les cotisations sociales sur les hauts salaires et plafonner l’application de l’indexation automatique jusqu’à un certain niveau de salaire. Autrement dit, au-delà d’un certain niveau de salaire, on cesserait de payer des cotisations sociales et on n’indexerait plus non plus.

Le train de vie de l’État est un autre handicap pour l’économie. En 2017, les dépenses publiques par rapport au PIB s’élevaient à 53% en Belgique, selon Eurostat, contre 44% seulement en Allemagne et aux Pays-Bas. "Cet écart de 9% représente 40 milliards d’euros qui auraient pu être investis dans l’économie, les infrastructures, la mobilité, etc.", explique Marcel Claes.

"Il faut un environnement politique sûr et prévisible."
marcel claes
amcham Belgium

La Belgique dépense 0,52% de son PIB pour la mobilité, ce qui la place en avant-dernière position parmi les 34 pays de l’OCDE. Le mémorandum pointe également la "gouvernance défaillante" en matière de politique énergétique, créant un "climat d’incertitude" pour les entreprises.

Au niveau de la fiscalité des entreprises, l’AmCham salue la réforme de l’impôt des sociétés qui permettra de ramener le taux facial à 25% en 2020. Mais elle invite à ne pas s’arrêter en si bon chemin. "Il faudrait tendre vers les 20% si on veut être compétitif", suggère Marcel Claes. Il plaide également pour un "respect mutuel" dans les rapports entre les entreprises et l’administration fiscale afin de "réduire l’incertitude" et de "promouvoir la prévisibilité". À cet égard, la controverse autour des "prix de transfert" (facturation des services prestés entre filiales d’un même groupe) a été mal très perçue par les multinationales présentes sur notre sol.

Une fois mises en œuvre, ces réformes devraient permettre à la compétitivité belge de progresser assez rapidement. La Belgique occupe actuellement la 21e place du classement du World Economic Forum (WEF). L’AmCham estime que la Belgique a le potentiel pour faire partie du top 10 d’ici dix ans, aux côtés de l’Allemagne et des Pays-Bas notamment.

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