Les licenciements collectifs au plus bas depuis qu'on les mesure

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L’an dernier, on n’a jamais aussi peu taillé collectivement dans l’emploi depuis que la statistique existe en 2009. Le précédent record de 2015 est enfoncé.

Reflet de l’amélioration de la conjoncture, le bilan 2017 des licenciements collectifs est le plus "léger" depuis que l’administration collecte ces données en 2009. Une bonne nouvelle, qu’on espère pouvoir rééditer cette année au vu des indicateurs économiques, globalement toujours bien orientés.

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L’an dernier, les entreprises ont annoncé 62 plans de licenciements collectifs qui concernaient globalement 3.829 travailleurs.

L’an dernier, les entreprises ont annoncé 62 plans de licenciements collectifs qui concernaient globalement 3.829 travailleurs. C’est trois fois moins qu’en 2016, où les annonces de Caterpillar et d’ING ainsi que du secteur financier tout entier avaient fait "flamber" le total des licenciements qui avaient culminé à 12.042 postes de travail.

Sur les neuf années couvertes par la statistique du SPF Emploi, le plus mauvais cru est 2012 avec 16.707 emplois menacés. Jusqu’ici, le record à la baisse appartenait à l’année 2015, avec 5.209 suppressions de postes envisagées. Le nouveau record représente donc une amélioration conséquente, égale à 1.380 emplois.

Blokker, Bombardier, Balta, Vinçotte...

L’an dernier, les secteurs les plus touchés ont été la transformation du métal (1.147 emplois menacés), la distribution (702) et l’agro-alimentaire (352). Bombardier à Bruges (160 licenciements annoncés) et Wendt Board à Nivelles (107) expliquent notamment le "score" du secteur métal.

  • Du côté de la distribution, les 302 licenciements prévus par la chaîne Blokker ont pesé lourd dans le décompte global.
  • Dans l’alimentaire, on retiendra entre autres les plans dévoilés par Struik Foods à Schoten (92 emplois), Coca-Cola à Bruxelles  (75), Mondelez à Namur (45) et par le fabricant de glucose Tereos à Alost (61).

A retenir aussi: les 200 emplois mis dans la balance chez Balta, le fabricant de tapis d’Audenarde, les 105 postes à supprimer chez RTL et les 195 placés dans le viseur chez Vinçotte.

ING a fort réduit sa facture

Le bilan annuel des licenciements collectifs notifiés est moins positif, mais cela s’explique par la part importante des programmes Renault annoncés en 2016 et effectivement notifiés l’an dernier. Cela a été le cas des deux principaux programmes, ceux du fabricant d’engins de génie civil Caterpillar à Gosselies et de la banque ING. Au total, 6.790 travailleurs ont effectivement perdu leur emploi à l’issue des procédures.

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Entre les annonces et les notifications, on a "sauvé" 1.334 postes de travail.

Il y a néanmoins aussi une bonne nouvelle à identifier dans cette statistique: les plans de licenciements collectifs initiaux visaient 8.124 travailleurs. Autrement dit, entre les annonces et les notifications, on a "sauvé" 1.334 postes de travail. Une grosse différence positive a ainsi été enregistrée chez ING, puisque la filiale du groupe néerlandais a finalement supprimé 932 postes sur un total annoncé initialement de 1.700. 

L’écart est forcément beaucoup plus réduit chez Caterpillar, puisque le groupe américain a décidé de fermer purement et simplement son usine de Gosselies: il a donné leur "C4" à 1.997 travailleurs, soit 104 de moins que prévu à l’origine en 2016 (2.101). A noter que le départ du géant de Peoria de Gosselies a aussi entraîné des plans Renault chez une foule de sous-traitants. La société de logistique Yusen à Courcelles a par exemple notifié 122 licenciements suite à l’annonce de Caterpillar.

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Cinq procédures Renault annoncées ont été finalement résiliées. Soit un total de quelque 211 postes de travail qu’on avait annoncés comme en danger et qui ont été sauvés.

Autre note positive dans la grisaille des notifications: cinq procédures Renault annoncées ont été finalement résiliées. Soit un total de quelque 211 postes de travail qu’on avait annoncés comme en danger et qui ont été sauvés.

La durée moyenne de clôture des procédures d’information et de consultation a tendance, elle, à s’allonger d’année en année. En 2017, elle a été de 90 jours en moyenne. Afin d’éliminer les valeurs extrêmes, le SPF a aussi calculé la médiane, qui s’est établie à 80 jours. Ce sont les plus longues durées moyennes et médianes depuis 2011.

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