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Les majorités à l'épreuve du coronapass

L'ouverture du Premier ministre n'est partagée ni par le MR ni par Ecolo. ©BELGA

Les avis politiques divergent quant à l'idée de permettre un accès différencié aux événements en fonction de la vaccination des individus.

Alors que s'accélère la campagne de vaccination, l'idée d'un coronapass donnant éventuellement accès, pour les vaccinés, à certains événements ou établissements lorsque viendra le temps du déconfinement annonce un débat tendu. À lire les déclarations politiques publiées ces dernières heures sur le sujet, on devine en effet que le consensus sera difficile à trouver. Pour rappel, les autorités du pays doivent se réunir en comité de concertation (codeco) ce mardi pour baliser la gestion à venir de la pandémie.

C'est le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) qui avait allumé la mèche en se déclarant favorable à un tel pass. "Pour ceux qui ont été vaccinés, cela doit se traduire par un changement. On ne peut pas leur dire qu'il faudra attendre que les sceptiques se décident", défendait-il dès le 2 mai sur RTL-TVI. Son président de parti Paul Magnette avait dû tempérer dans l'attente d'un débat interne sur cette délicate question. Va-t-on en effet diviser la population en deux catégories de personnes dotées de droits distincts sur base de la vaccination ?

"Quand chacun aura eu la chance de se faire vacciner on doit pouvoir rendre plus de choses possibles aux gens vaccinés."
Alexander De Croo
Premier ministre

Écolo, en majorité tant au fédéral qu'à la Région bruxelloise, se montre plus que réticent. "Il n'y a pas de consensus, ni politique ni sociétal, par rapport à cela. Cela pose des questions opérationnelles et éthiques vertigineuses. À titre personnel, je suis assez circonspect sur le fait d’avancer dans cette direction", déclare Alain Maron, ministre régional de la Santé dans les colonnes de L'Echo ce samedi.

Les libéraux divisés

Le Premier ministre Alexander De Croo semble quant à lui beaucoup moins fermé à cette option. "Quand chacun aura eu la chance de se faire vacciner on doit pouvoir rendre plus de choses possibles aux gens vaccinés", dit-il aux journaux du groupe Sudpresse ce week-end. Son horizon? Le mois d'août compte tenu des deux à trois semaines nécessaires à l'immunisation après vaccination.

Mais le libéral flamand va devoir également compter avec l'opposition radicale de son partenaire MR au sein du gouvernement fédéral. Son président Georges-Louis Bouchez s'est en effet montré pour le moins limpide sur Twitter samedi matin. "Avoir des protocoles spécifiques pour de grands événements est tout à fait logique, mais un coronapass créant deux catégories de citoyens entre les vaccinés et ceux qui ne le sont pas n’est pas acceptable dans une démocratie libérale et créerait un précédent inquiétant."

Vu ces divergences multiples, voire le sujet tranché dès le codeco de mardi semble peu probable.

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