Les médicaments innovants coûtent toujours plus chers

©Photo News

En 2018, la Mutualité chrétienne a remboursé 271 millions d’euros sur les dix médicaments les plus chers, soit 10% de plus qu’en 2017. Jean Hermesse plaide pour plus de transparence dans la fixation des prix par l’industrie pharmaceutique.

Notez bien ce chiffre: 590.010 euros par an. C’est le prix à payer pour soigner un patient avec du Galsulfase, une molécule commercialisée sous l’appellation Naglazyme. Il s’agit d’un traitement enzymatique substitutif à long terme chez les patients présentant un diagnostic confirmé de mucopolysaccharidose de type VI (syndrome de Maroteaux-Lamy), une maladie métabolique héréditaire rare.

Le top 10 des médicaments les plus chers concerne heureusement très peu de patients. Par contre, d’autres médicaments innovants et très onéreux sont administrés à un nombre plus important de patients. La Mutualité chrétienne a dressé un top 3 des médicaments qui lui coûtent le plus cher en remboursements.

38.000 euros par patient

En tête, on trouve le Nivolumab, un médicament contre le cancer. En 2018, il a été prescrit à 1.244 membres de la Mutualité chrétienne, qui a déboursé pour chaque patient 38.000 euros. Soit un coût total de 47 millions d’euros.

©MEDIAFIN

La deuxième place revient au Lenalidomide, un produit utilisé contre certains cancers de la moelle épinière et des ganglions lymphatiques. La dépense moyenne pour chacun des 971 patients s’élevait également à 38.000 euros, soit une facture totale de près de 37 millions d’euros.

Le top 3 est complété par l’Infliximab, un médicament contre les inflammations articulaires, le psoriasis et les inflammations intestinales chroniques: 3.635 patients se sont fait rembourser ensemble près de 29 millions d’euros, soit une moyenne de 7.900 euros par patient.

Manque de transparence

"Rien ne nous permet de savoir si le coût de ces médicaments est justifié."
jean hermesse
secrétaire général de la mutualité chrétienne

Aux Mutualités chrétiennes, on s’inquiète surtout de la progression rapide de ces coûts. Pour les dix médicaments qui ont pesé le plus lourd dans les interventions de l’assurance soins de santé, le montant du remboursement a atteint 271 millions d’euros en 2018. Un an auparavant, le chiffre était de 247 millions, soit une hausse de 10% en un an. Paradoxalement, le nombre de patients bénéficiant d’un remboursement pour ces médicaments n’a progressé, lui, que de 6%. Extrapolé à l’ensemble de la population, on arrive à un montant de 720 millions d’euros.

Si pour l’heure, les patients concernés sont toujours assurés d’être remboursés, Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité chrétienne, déplore par contre un manque de transparence au niveau de la fixation des prix par l’industrie. "Aujourd’hui, rien ne nous permet de savoir si le coût de ces médicaments est justifié. Et plus nous dépensons pour les médicaments, moins nous pouvons consacrer de ressources dans les autres secteurs des soins de santé, qui ont également des besoins."

Il faut, selon lui, miser sur les variantes moins chères de médicaments dont l’exclusivité commerciale a expiré. "Nous observons que le coût total d’une molécule pour laquelle un biosimilaire arrive sur le marché baisse. Nous invitons les médecins à prescrire ces molécules, afin que les fabricants estiment qu’il soit intéressant de les lancer sur le marché belge."

Ces dernières années, les dépenses de médicaments ont fortement progressé. Le coût total pour l’assurance-maladie s’élevait encore à 4 milliards d’euros en 2014. Quatre ans plus tard, en 2018, ce chiffre est passé à plus de 4,5 milliards.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés