Les médicaments ne sont pas si chers en Belgique

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Le coût moyen de 13 médicaments courants et remboursés est 13% moins élevé en Belgique que dans 50 pays de référence.

Garantir des médicaments financièrement abordables est une priorité politique pour tout gouvernement. Sur ce plan, la Belgique est relativement bien lotie, si l’on en croit une étude comparative réalisée par Medbelle, un fournisseur de médicaments en ligne.

L’étude a pris comme référence un panier de 13 médicaments remboursés d’utilisation courante. Parmi ceux-ci, on trouve notamment l’Insuline Glargine (un antidiabétique), le Lyrica (un antiépileptique) ou encore le Viagra (contre les troubles de l’érection). Pour cet exercice comparatif, on ne fait pas la distinction entre la part payée par le patient et celle payée par la sécurité sociale.

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Les génériques moins chers, pas les versions d'origine

Au final, le coût de ces 13 médicaments est 12,79% moins cher en Belgique par rapport à la moyenne des 50 pays pris en considération. Toutefois, si l’on fait la distinction entre la version d’origine et la version générique de ces 13 médicaments, les premiers sont en moyenne 10% plus chers chez nous, tandis que les seconds (les génériques donc) sont 45% meilleur marché que la moyenne des 50 pays pris en considération.

L’étude a pris comme référence un panier de 13 médicaments remboursés d’utilisation courante.

En tête – et de loin – des pays les plus chers, on retrouve les États-Unis (+ 306%), l’Allemagne (+ 125%), les Émirats Arabes Unis (+ 122%) et l’Italie (+ 90%). Tout en bas du classement, on trouve des pays en voie de développement comme la Thaïlande (-93%), le Kenya (-93%) et la Malaisie (-90%). Parmi des pays qui nous sont proches, la France se classe 32e (-15,6%), les Pays-Bas 8e (+75%) et la Suisse (+5%).

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Concrètement, si vous achetez une boîte de Viagra en Belgique, vous payerez 11,18 euros pour la version d’origine et 3,15 euros pour la version générique. Aux États-Unis, la même boîte coûtera 69,03 euros pour la version d’origine et 1,90 euro seulement pour la version générique. L’écart de prix le plus important concerne le Zestril (contre l’hypertension), qui est plus cher de 2.772% aux États-Unis qu’en Indonésie.

Facteurs explicatifs

La Belgique se situe sous la moyenne pour des médicaments comme le Lyrica (-37%), le Lipitor (-18%), le Lantus (-19%), le Prograf (-34%) ou le Viread (-22%). D’autres médicaments dépassent nettement la moyenne. C’est le cas du Xanax (+260%), du Ventolin (+133%), du Prozac (+95%) ou du Zithromax (+69%).

Les écarts de prix d’un pays à l’autre se justifient par différents facteurs. Il y a notamment les différences de taxation, les coûts de transport, le pouvoir d’achat, les niveaux de revenus des patients ou encore les questions de brevets.

Quoiqu'il en soit, Daniel Kolb, le patron de Medbelle juge que les écarts révélés par cette étude sont "extrêmes" et il espère que cet exercice permettra d’alimenter de futures discussions sur la "transparence" des prix et "l’accessibilité" aux soins de santé.

Anticancéreux | Bientôt une rupture de stock dans les hôpitaux

En raison d’une rupture de stock, plusieurs hôpitaux belges manquent de Paclitaxel, un médicament utilisé en chimiothérapie, en particulier pour les patientes atteintes du cancer du sein. Le médicament peut être acheté à l’étranger, mais il coûte jusqu’à six fois plus cher, rapporte VTM Nieuws.

Le Paclitaxel reste cependant disponible à l’étranger. "Je viens ainsi de recevoir une offre des Pays-Bas", souligne pour sa part Els Vandercruysse, pharmacienne en chef à l’AZ West. "Mais il faut débourser 150 euros pour 30 mg, soit six fois plus que ce que nous payons normalement en Belgique."

Les sociétés concernées (Fresenius Kabi, Accord Healthcare, Hospira, Teva, Mylan et Aurobindo) ont informé l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) de la rupture de stock imminente. "Les pharmaciens en hôpitaux qui connaissent une rupture de stock peuvent importer le médicament de l’étranger sur la base d’une ordonnance médicale individuelle et d’une déclaration du médecin. L’inconvénient est que le patient ne peut pas bénéficier du prix et du remboursement tels que déterminés pour les médicaments destinés au marché belge", indique l’AFMPS. Mais il n’est pas question de mauvaise volonté de la part de l’industrie pharmaceutique, renchérit Ann Eeckhout, porte-parole de l’agence.

"Un fabricant (Hospira) a entre-temps déjà demandé une dérogation (auprès de la commission consultative de l’AFMPS, NDLR) pour que les livraisons destinées à d’autres pays puissent être envoyées en Belgique. Les emballages doivent être adaptés et fournis avec nos langues nationales." En cas d’avis positif (dans les cinq jours ouvrables), "les emballages importés seraient disponibles pour les patients belges d’ici la mi-décembre 2019 (un mois après l’approbation de la dérogation)", précise l’AFMPS. Dans ce cas, le prix et le remboursement seront identiques à ceux du médicament initialement destiné au marché belge.

Au vu de la situation, la Société belge d’oncologie médicale demande l’intervention de la ministre de la Santé, Maggie De Block (Open Vld).

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