Les militants antiracistes s'en prennent aux statues de Léopold II

La statue du Roi Leopold II exposée dans le parc du Musée de l'Afrique, à Tervuren, vandalisée et couverte de peinture ce mardi. ©REUTERS

La mort de l'Afro-américain George Floyd a relancé le débat sur les violences de la colonisation belge au Congo et la responsabilité du roi Léopold II. Pascal Smet propose de lancer un groupe de travail chargé de se prononcer sur le sort à réserver à ces références.

Une statue de l'ex-roi des Belges Léopold II, figure controversée du passé colonial de la Belgique, a été retirée d'un square mardi dans le quartier anversois d'Ekeren. Vandalisée il y a quelques jours, elle a été retirée pour être restaurée au musée Middelheim d'Anvers. 

Une statue de l'ex-roi des Belges Léopold II (1835-1909), figure controversée du passé colonial belge, a été retirée d'un square mardi dans le quartier anversois d'Ekeren. ©Mathias Pierquin

Il est possible qu'elle soit par la suite classée dans la collection du musée et qu'elle ne réapparaisse pas à Ekeren. La critique de Léopold II, de sa politique au Congo et des statues qui le représentent, a été ravivée avec les protestations massives contre le racisme ces derniers jours. 

À Bruxelles, la statue équestre de l'ancien Roi a également été prise pour cible dans la nuit de mardi à mercredi. Selon les images de nos confrères du Soir, on peut y lire des inscriptions comme "Pardon" ou "This man killed 15M people" (ndlr: cet homme a tué 15 millions de personnes). Cette même statue avait déjà été vandalisée ce dimanche lors de la grande manifestation contre le racisme organisée dimanche dernier à Bruxelles. 

Quel sort faut-il réserver à Léopold II ?

Le secrétaire d'État bruxellois Pascal Smet (one.brussels/sp.a), en charge de l'Urbanisme et du Patrimoine proposera au gouvernement bruxellois de mettre sur pied un groupe de travail chargé de se prononcer sur le sort à réserver aux références, dans la capitale, au roi Léopold II, figure contestée du colonialisme. 

Pour le secrétaire d'État, le mouvement Black Lives Matter et une pétition qui a réuni récemment 60.000 signatures en faveur du retrait des statues du roi Léopold II justifient la tenue d'un débat approfondi sur cette question.

L'Université de Mons annonce ce mercredi matin avoir également retiré une statue de Léopold II, installée dans la faculté Warocqué d'économie et de gestion. Elle a été rangée dans les réserves de l'université.

"Il y a près de vingt ans, déjà sensibilisée au malaise que cette statue pouvait générer auprès des étudiants et visiteurs, l'Université l'avait déplacée dans un local où elle n'était plus censée être visible. Ce lundi, au vu de l'émotion légitime suscitée et dans un souci d'apaisement, les autorités de l'UMons ont décidé de retirer le buste en question et de le ranger définitivement dans les réserves afin que plus personne - étudiants, enseignants ou visiteurs extérieurs- ne puisse se sentir offusqué par sa présence."

De nouvelles actions 

"S'ils ne font rien, nous serons obligés de maintenir ça à l'ordre du jour."
Aimé Schrauwen
BYAR

Par ailleurs, Belgian Youth Against Racism (BYAR) annoncera ce mercredi au parc de Bruxelles quelles seront leurs prochaines actions. De quoi seront composées ces actions dépendra des décisions prises par les politiciens dans les prochains jours, et plus spécifiquement une résolution contre le racisme sur la table du Parlement flamand; un plan de lutte annoncé depuis plusieurs années, souligne l'organisation.

"S'ils ne font rien, nous serons obligés de maintenir ça à l'ordre du jour", a déclaré Aimé Schrauwen de BYAR. Outre les actions symboliques, comme le retrait d'une statue de Léopold II mardi à Ekeren (Anvers) par exemple, BYAR doit également s'attaquer au "racisme structurel qui se joue dans ce pays depuis des années".

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