Les outils connectés encore très peu adoptés par les agriculteurs

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Selon une étude, la numérisation tarde à s’imposer dans l’agriculture. Quatre exploitants sur dix n’utilisent pas internet et ils sont très peu à faire appel à des outils connectés.

À dix jours de la célèbre foire de Libramont, la banque CBC s’est penchée sur la transition numérique dans le secteur agricole. La banque a pour cela sondé 400 agriculteurs wallons sur leur appropriation des nouvelles technologies. Et visiblement, il y a encore du travail. Selon la banque, 63% des agriculteurs utilisent internet à des fins professionnelles. "Je n’ai pas les chiffres exacts dans les autres secteurs mais cela me semble effectivement assez peu", explique Clemens Scholzen, le CEO de CBC Banque & Assurance.

"Même si cela peut sans doute s’expliquer par certaines variables, ce sont des chiffres qui me surprennent un peu."
Clemens Scholzen
CEO de CBC Banque & Assurance

En poussant la connectivité un peu plus loin, les chiffres dégringolent. Parmi les agriculteurs travaillant avec internet, seulement 22% d’entre eux, autrement dit une grosse cinquantaine des 400 interrogés, utilisent des outils connectés comme des GPS de précision ou des pluviomètres connectés. "Même si cela peut sans doute s’expliquer par certaines variables comme la pyramide des âges ou le fait que les agriculteurs sont débordés et n’ont pas le temps d’y penser, ce sont des chiffres qui me surprennent un peu", explique encore le CEO de CBC.

Loin d’être des gadgets, les outils connectés peuvent pourtant être une aide précieuse, permettant souvent des gains de temps ou de rentabilité. Comment, dès lors, expliquer ce désintérêt pour les outils 2.0?

Plusieurs justifications sont avancées. La complexité et la réticence à la nouveauté et au changement en font partie. Mais selon l’étude de CBC, les principaux freins à l’investissement sont le manque de temps, la protection des données et en première place, le coût de ces innovations.

Comptez par exemple plusieurs milliers d’euros pour équiper un tracteur d’un GPS de précision ou environ un millier d’euros pour des capteurs connectés. "Effectivement, ce sont des investissements importants et l’amortissement doit être mesuré. Mais comme dans tous les secteurs, il ne faut pas se priver de l’innovation et trouver le bon équilibre. C’est toujours l’histoire de l’œuf ou la poule entre devoir disposer d’une grande exploitation pour investir dans des technologies ou investir pour agrandir son exploitation", glisse encore le patron de CBC.

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