Les pensions, charge plus lourde que la pandémie pour les communes

Les finances des villes et communes du royaume seront frappées par la pandémie, mais la charge des pensions de leurs fonctionnaires s'annonce plus lourde encore. ©Photo News

La pandémie et la crise économique qui en découle auront évidemment des conséquences sur les finances des pouvoirs locaux. Le principal écueil demeure cependant les charges des pensions des fonctionnaires statutaires.

Comme chaque année, Belfius a disséqué les finances des communes du royaume. La version 2020 de son analyse inclut évidemment un élément exceptionnel avec l'impact de la pandémie et ses conséquences économiques et financières.

De manière générale, le bancassureur public conclut que les pouvoirs locaux belges ont les reins suffisamment solides pour traverser la crise. Il souligne que les pouvoirs locaux sont par nature moins exposés aux chocs conjoncturels que les autres niveaux administratifs.

166
millions d'euros
La facture de la crise pourrait atteindre 166 millions d'euros pour les communes wallonnes en 2020.

En Wallonie, le budget initial des communes laisse un coussin de 73,1 millions d'euros. En fonction des différents scénarios, Belfius estime que la détérioration du solde budgétaire provoquée par le coronavirus s'élèvera de 45 à 166 millions d'euros (soit entre 1 et 3% du budget total). Les entités du sud du pays disposent par ailleurs de réserves de l'ordre de 300 millions d'euros, soit assez pour résister à la première onde de choc de la crise.

A Bruxelles, où les communes enregistrent dès le départ un déficit de 2,5 millions d'euros dans leur budget, l'impact de la crise devrait s'élever entre 49,1 et 100,5 millions d'euros. Les réserves des 19 communes de la région-capitale atteignent 200 millions d'euros, soit là aussi de quoi faire face à la disette.

Impact jusqu'en 2025

En Flandre, où les communes peuvent compter sur une marge initiale de 339 millions d'euros, le meilleur scénario prévoit une perte de 22 millions, contre 412 millions d'euros dans celui du pire.

Belfius note que les mesures prises par les pouvoirs locaux dans le cadre de la crise sanitaire auront principalement un impact sur le budget d'exploitation et en particulier sur les recettes fiscales. Le bancassureur opère une distinction entre les effets à court terme de la crise, soit les mesures d'urgence et les conséquences du confinement, et les conséquences qui se feront sentir jusqu'en 2022, voire 2025. Il s'agit là des faillites et des pertes d'emploi qui vont affaiblir les bases imposables, tout en faisant augmenter le coût de l'aide sociale.

Le principal problème des communes se situe cependant au niveau des charges de pension. En Wallonie, la cotisation de responsabilisation des communes, provinces et CPAS devrait passer de 115 millions d'euros en 2018 à 290 millions en 2024. A Bruxelles, celle-ci bondira de 30 à 70 millions d'euros sur le même laps de temps. Des données qui devraient inciter de nombreuses communes à revoir leurs plans pluriannuels, estime Belfius.

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