Les polluants chimiques perturbent plusieurs générations

©Phanie

Une étude liégeoise pointe un effet encore peu exploré concernant les effets transgénérationnels de certains perturbateurs endocriniens. Ils ont un impact sur la fertilité et le comportement maternel des petits de rats exposés, et ce, sur plusieurs générations.

L’étude est liégeoise et porte sur des rats. Elle pointe un effet encore peu exploré concernant les effets transgénérationnels de certains perturbateurs endocriniens. L’équipe du Pr Anne-Simone Parent (ULiège) vient d’observer que l’exposition de rats femelles à certaines substances chimiques présentes dans notre environnement avait un impact sur la fertilité et le comportement maternel de leurs petits sur plusieurs générations. Et ce, sans que ces petits ne soient eux-mêmes mis en contact avec ces polluants! "Tout au long de notre vie, nous sommes exposés à des centaines de produits chimiques susceptibles de perturber le système endocrinien, rappelle l’équipe. Ils peuvent interférer avec le fonctionnement normal de nos hormones et ont déjà été associés à l’infertilité et à des développements sexuels altérés chez les animaux et les êtres humains."

Ce que l’équipe a voulu savoir, c’est si une exposition à de tels polluants à un moment de la vie d’un mammifère induisait des effets sur sa descendance. Dans le cas présent, un cocktail d’une quinzaine de produits tels des plastifiants, des fongicides, des pesticides et autres filtres anti-UV a été administré par voie orale à des rates, pendant une quinzaine de jours. Celles-ci étaient gravides ou non. Certaines allaitaient leurs petits. Précision: "Les doses de polluants administrés se situaient dans la plage d’exposition humaine, soit quelques µg/kg", indiquent les chercheurs liégeois.

"Les rats femelles nés dans la première et la deuxième génération présentaient des déficiences dans les soins qu’elles prodiguaient à leurs petits."

Les résultats de cette étude montrent qu’une exposition à ce cocktail de toxines environnementales pouvait causer des altérations du développement du cerveau des jeunes rates. Et que ces altérations affectaient ensuite leur développement sexuel et leur fertilité pendant trois générations.

"Les rats femelles nés dans la première et la deuxième génération présentaient des déficiences dans les soins qu’elles prodiguaient à leurs petits, constatent les chercheurs. Les rates des deuxième et troisième générations présentaient par ailleurs un retard du début de leur puberté ainsi qu’une altération de leur cycle reproducteur et du développement de leurs follicules ovariens. Ce qui indique que leur fertilité a été affectée, même si elles n’ont jamais été elles-mêmes exposées aux perturbateurs endocriniens." Le Pr Parent s’intéresse désormais à la façon dont ces changements se transmettent d’une génération à l’autre.

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