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Les pouvoirs publics vont, eux aussi, doper le télétravail

Avec 2 jours de télétravail en moyenne par semaine et par fonctionnaire une fois la crise sanitaire passée, les navetteurs devraient être beaucoup moins nombreux dans des bâtiments comme la Tour des Finances, à Bruxelles. ©Photo News

Il n’y aura pas de retour à la normale. Après la crise sanitaire, les pouvoirs publics comptent, eux aussi, développer le télétravail structurel.

Les grandes entreprises ne vont pas être les seules à stimuler le télétravail après la crise du Covid-19. Une lame de fond s’annonce également dans la fonction publique.

Dès novembre, la ministre fédérale de la Fonction publique, Petra De Sutter annonçait sa volonté d’autoriser le télétravail deux jours par semaine dans le secteur public. Une vraie ambition, indique son cabinet. L’objectif est, en effet, une moyenne de deux jours de télétravail par semaine et par fonctionnaire, sur base annuelle, une fois la crise sanitaire passée. "Pour certains, comme les gardiens de prison, ce ne sera  pas possible. D’autres fonctions, par contre, pourront travailler trois jours par semaine à distance. Un monitoring sera mis en place pour s’assurer que la moyenne de deux jours par semaine est bien atteinte", précise le porte-parole du cabinet De Sutter.

Un changement qui devrait avoir un impact considérable, vu que la fonction publique fédérale compte plus de 65.000 personnes. Et elles sont demandeuses: selon une enquête réalisée en 2020, avoir deux jours de télétravail serait idéal pour 33% des fonctionnaires, et trois jours pour 38%.

La barre des deux jours semaine dépassée en FWB

La Fédération Wallonie Bruxelles, qui avait entamé la dynamique avant le Covid-19, pourrait aller plus loin encore. Son contrat d’administration 2020-2025 prévoit le développement d’une nouvelle façon de travailler, avec une grande flexibilité spatiale et temporelle et la suppression de la pointeuse.

"Cette législature va être celle du basculement, et elle va changer la texture de l'administration."
Frédéric Delcor
Secrétaire général de la Fédération Wallonie Bruxelles.

Avant la crise, un tiers des 6.500 agents de la FWB télétravaillaient – dans 75% des cas, un jour par semaine, et pour les autres, deux jours – la limite réglementaire. "Cette législature va être celle du basculement, et elle va changer la texture de l’administration", affirme Frédéric Delcor, son secrétaire général. Si aucun objectif chiffré n’a encore été fixé, parce que des discussions doivent encore être menées avec le gouvernement et les organisations syndicales, la barre des deux jours de télétravail par semaine devrait être dépassée. "Bien sûr, il faudra trouver le bon équilibre, métier par métier. Mais nous ne pouvons pas revenir à la situation d’avant." Et à terme, des espaces collaboratifs et des bureaux partagés vont être développés par la FWB dans chaque province wallonne.

La Wallonie travaille également sur le sujet – différents scénarios ont été proposés par l’administration à la ministre de la Fonction publique Valérie De Bue. En décembre 2019, le nombre de jours de télétravail autorisés était déjà passé de un à deux. Il pourrait monter à trois.

La Flandre, qui travaille à la centralisation de ses services dans différentes villes, pas seulement Bruxelles, et au développement du télétravail, prévoit qu’en 2024, ses bureaux ne compteront plus de places de travail que pour la moitié de son personnel, expliquait en janvier le ministre président Jan Jambon. Et Bart Somers, le ministre en charge de l’administration flamande, estime que deux à trois jours de télétravail par semaine devraient être permis dès la sortie de la crise sanitaire pour tous ceux qui le souhaitent. De quoi diminuer drastiquement le nombre de navetteurs parmi les 29.000 fonctionnaires flamands, dont un gros tiers travaillaient jusqu’ici à Bruxelles.

La Commission européenne, qui compte fermer la moitié de ses bâtiments à Bruxelles, devrait aussi passer à deux ou trois jours de télétravail par semaine.

Jusqu'à trois jours pour la Région bruxelloise

Même la Région de Bruxelles-Capitale, qui va être la première à être impactée par la pérennisation du télétravail à grande échelle, va permettre jusqu’à trois jours de télétravail par semaine.

Même la Région de Bruxelles-Capitale, qui va être la première impactée par la pérennisation du télétravail, va permettre jusqu'à 3 jours de télétravail par semaine.

C’est ce qu’a recommandé Talent.brussels, l’administration régionale de la fonction publique, après une enquête montrant que 82% des fonctionnaires interrogés étaient satisfaits ou très satisfaits de pouvoir travailler à domicile lors de la crise sanitaire. "La décision a été actée par le gouvernement en janvier, indique le cabinet du ministre bruxellois de la Fonction publique Sven Gatz. Talent est en train de déterminer ce qui est possible ou non dans l’état actuel de la réglementation et proposera des ajustements si nécessaire." La Région compte plus de 11.000 fonctionnaires, répartis dans 22 institutions – sans compter la STIB.

Les règles varieront bien entendu selon les institutions ou les métiers. Innoviris, l’agence de soutien à la recherche et à l’innovation, s’est dite partante pour trois jours de télétravail structurel, voire plus, si la législation le permet. Actiris, l'office régional de l'emploi, mise plutôt sur un à trois jours, selon les métiers, les services et les départements.

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