Les retards de travaux en Flandre pénalisent l'avancement du RER en Wallonie

©Saskia Vanderstichele

La clé 60/40, voulant que 60% des investissements annuels soient réalisés en Flandre et 40% en Wallonie, a ralenti les travaux du RER en Wallonie. Une motion est en préparation dans la province du Brabant wallon.

Un an après nos révélations sur le trou de 500 millions dans la caisse du fonds RER pour financer les travaux ("L’Echo" du 7 janvier 2015), le dossier a rebondi samedi. Tout porte à croire que des chantiers du RER (censé désengorger Bruxelles) ont été poursuivis sans que le fonds soit renfloué. Conséquence: le solde disponible de 460 millions début 2015 (alors qu’il fallait 965,4 millions) a été consommé en partie et le disponible aujourd’hui affiche, selon "L’Avenir", 115 millions au compteur.

Les retards liés à l’obtention des permis, notamment à Rhode-Saint-Genèse et à Linkebeek, où des recours ont été introduits contre les permis pour les tracés en Flandre, ont pénalisé l’avancement des travaux en Wallonie.

Or, la mise à 4 voies de deux lignes wallonnes, en l’occurrence la 161 (Bruxelles-Ottignies-Louvain-la-Neuve, 22,4 km) et la 124 (Bruxelles-Nivelles, 22,85 km) nécessitera encore près de 190 millions de travaux. Ce qui fait craindre un report de 4 ans, voire un abandon!

Amnésie ferroviaire vs coma

Ce rappel des difficultés originelles du projet RER (censé être opérationnel en 2012), qui tombe à un moment où on évoque la fermeture (définitive?) des tunnels à Bruxelles, a entraîné de nombreux commentaires politiques accusant la ministre de tutelle de la SNCB, Jacqueline Galant (MR), de tous les maux. Pour le cdH, elle "est plongée dans un coma ferroviaire".

Elle aurait pu répondre à ses détracteurs qu’ils font preuve d’une amnésie ferroviaire! Car la situation de blocage du RER en Wallonie était prévisible dès le début. En effet, dès le démarrage du projet en 2002, tous les acteurs s’accordaient à dire que le fonds RER (2,205 milliards d’euros) serait insuffisant pour financer le projet. "La clé de répartition 60/40 a tué le projet en Wallonie. Les chantiers ont tellement bien avancé dans le nord du pays qu’il a fallu ralentir les travaux en Wallonie et lever le pied sur les montants engagés pour respecter cette clé", dit Philippe Matthis (cdH), spécialiste du RER et président du TEC Brabant wallon. En clair, il n’y a plus assez de travaux en Flandre pour poursuivre ceux en Wallonie!

©MEDIAFIN

Priorité à la ligne 161

Les retards liés à l’obtention des permis, notamment à Rhode-Saint-Genèse et à Linkebeek, où des recours ont été introduits contre les permis pour les tracés en Flandre, ont pénalisé l’avancement des travaux en Wallonie. Force est donc de constater que rien n’a pratiquement été fait pour lever les obstacles dénoncés il y a un an sur la route de réalisation du RER.

La ministre elle-même avait épinglé ces freins. Son cabinet précise aujourd’hui qu’il est faux de dire que les travaux de mise à 4 voies des lignes 161 et 124 ne verront jamais le jour. La nouvelle Cellule d’investissement ferroviaire devra examiner le dossier et des priorités devront être arrêtées. Philippe Matthis suggère de modifier l’application de la clé 60/40 pour qu’elle ne soit plus mensuelle, mais globale et sur l’ensemble d’une législature.

À défaut, il faudrait, d’après lui, finaliser d’abord la ligne 161. Car tous les permis la concernant sont déjà octroyés et les travaux y sont réalisés à plus de 60%. De plus, le tronçon attire environ 42.000 voyageurs quotidiens contre 24.000 usagers pour la 124. Chef de groupe à la province du Brabant wallon, Matthis va proposer une motion pour exiger une accélération des travaux du RER. Reste à savoir s’il sera soutenu.

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