Les services de sécurité chinois soupçonnés d'être derrière les récentes cyberattaques

La délégation belge était préparée pour faire face aux piratages. Certaines entreprises moins. ©BELGA

La Sûreté de l’État prend très au sérieux les tentatives de cyberattaque lors de la mission belge à Pékin et à Shanghai. Tous les regards se portent vers les services de sécurité chinois.

Quelle a été l’ampleur des attaques informatiques contre les membres de la mission belge qui se sont rendus en Chine la semaine passée? Quelques jours après le retour de la délégation, il est difficile de répondre à cette question. Contactées, plusieurs entreprises qui avaient fait le déplacement en Chine avouent ne rien avoir remarqué de suspect sur place ou à leur retour. "Rien à ma connaissance sur le hacking", répond un responsable d’une grosse société, qui dispose de services de cybersécurité performants. Même son de cloche du côté d’un des cabinets ministériels présents en Chine, où on signale "n’avoir rien entendu à ce sujet à part les articles de presse".

"C’était pire que prévu, mais heureusement, nous étions préparés."
Geert Baudewijns
Secutec

Les attaques ont été révélées par Geert Baudewijns, de la société Secutec, spécialisée dans la protection contre les hackers, et qui voyageait aux côtés de la délégation en Chine. "C’était pire que prévu, mais heureusement, nous étions préparés", a-t-il expliqué. Ce dernier a indiqué avoir enregistré 135 attaques par heure lundi après-midi, au début de la mission, qui était alors à Pékin.

Pour sa part, L’Echo dispose du témoignage d’une personne dont le smartphone a visiblement été hacké. Un autre participant évoque quelques petites anomalies, mais sans savoir s’il s’agit de fonctionnement erratique ou de piratage.

De son côté, la Sûreté de l’État (VSSE) fait valoir qu’elle prend très au sérieux ces tentatives de hacking et que des débriefings sont en cours. D’autres réunions associant les différentes instances responsables de ces questions, dont le Centre pour la Cybersécurité Belgique, doivent avoir lieu rapidement.

"Nous sommes au courant de cette problématique. Les cyberattaques sont un grand défi dans le monde entier."
Affaires étrangères

"Nous sommes au courant de cette problématique. Les cyberattaques sont un grand défi dans le monde entier", ont répété ce lundi les Affaires étrangères, sans donner plus de précisions. Selon Geert Baudewijns, la délégation officielle était bien préparée face à ce genre de menaces et avait été briefée, notamment par la Sûreté de l’État. Les membres de la délégation disposaient de téléphones mobiles qui ont été ensuite déclassés. D’autres n’avaient emporté que des ordinateurs de second rang ou des tablettes.

Mais les hackers chinois semblent quand même avoir déjoué certaines "ficelles", selon un spécialiste, qui préfère rester discret. En revanche, certaines entreprises participantes, dont des PME, avaient sous-estimé le danger.

Complices

Les spécialistes sont néanmoins d’accord sur une chose: tous les soupçons se portent vers les services de sécurité chinois. "Beaucoup de pays défendent leurs intérêts économiques, mais la Chine, qui a énoncé ses intentions stratégiques pour les prochaines années, le fait certainement de façon plus agressive", indique une source.

"La législation chinoise encourage directement ce genre de comportement."
Une source belge

Dans un des pays les plus surveillés au monde, personne n’imagine que des pirates informatiques disposant de tels moyens aient pu agir sans que les services de sécurité officiels ne soient au courant, voire complices. "Dans toutes les grandes entreprises, il y a un représentant de l’État", fait observer une autre source, qui précise qu’en plus, "la législation chinoise encourage directement ce genre de comportement. Les autorités peuvent en effet demander potentiellement à chaque citoyen de collaborer".

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