Les stratégies de testing divergent entre les écoles flamandes et francophones

Dans le Necker Hall à Malines, des élèves et du personnel de l'école primaire Saint-Pierre sont testés. Leur établissement scolaire est fermé depuis plusieurs jours après l'apparition de nombreux cas positifs de Covid-19. ©BELGA

Alors que la Flandre instaure des tests rapides dans ses écoles, la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) privilégie toujours les tests PCR.

Depuis ce lundi, les élèves de primaire qui ont été assis en classe à côté d'un congénère infecté par le coronavirus sont considérés comme des contacts à haut risque. Conséquence: ils doivent observer une quarantaine et être testés au premier et au septième jour de celle-ci, comme c'était déjà le cas pour leurs homologues du secondaire. Cette décision, prise par la Conférence interministérielle santé, vise à limiter au maximum le nombre de jeunes infectés, alors que des variants plus contagieux du virus circulent et qu'une vingtaine d'écoles ont dû fermer leurs portes au nord du pays.

7
Jours
En cas de résultat négatif à un test "rapide", les élèves flamands seront soumis 7 jours plus tard à un test PCR.

Tests rapides en Flandre, pas en FWB

Face à cette nouvelle donne, le ministre flamand Ben Weyts (N-VA) a annoncé une stratégie de testing revue pour les quelque 4.000 établissements scolaires de sa Région. Dès qu'une possible contamination sera relevée, un "test rapide" sera pratiqué sur les contacts à haut risque, a-t-il expliqué. En cas de résultat négatif, le deuxième test, réalisé après 7 jours, sera un PCR. Les élèves et enseignants concernés resteront entre-temps en quarantaine.

Bien qu'ils soient réputés moins fiables que les PCR, les tests rapides antigéniques permettent d'obtenir des résultats en 30 minutes. En les employant, la Flandre espère détecter immédiatement de potentiels super-contaminateurs et éviter l'émergence de foyers. Petit hic: ce type de test ne permet pas d'identifier les porteurs des variants. Qu'à cela ne tienne, l'approche visant à isoler le plus vite possible les cas suspects fait sens, estime l'épidémiologiste Yves Coppieters.

Du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, on ne se trouve pas sur la même ligne. Contacté par nos soins, le cabinet de la ministre de l'Enfance, Bénédicte Linard (Ecolo), précise qu'aucun changement de stratégie n'est prévu dans l'immédiat. "En ce qui nous concerne, les tests PCR restent la référence, d'autant que les capacités de testing et d'analyse des laboratoires sont suffisantes pour suivre le rythme. Dans ces conditions, il n'y a pas de raison d'évoluer vers des tests rapides", assure la porte-parole de la ministre.

"En ce qui nous concerne, les tests PCR restent la référence, d'autant que les capacités des laboratoires sont suffisantes pour suivre le rythme."
Lauriane Douchamps
Porte-parole de la ministre de l'Enfance, Bénédicte Linard (Ecolo)

Avec une moyenne journalière de près de 41.500 tests effectués la semaine dernière dans les labos belges, la capacité d'analyse, qui peut être accrue, semble effectivement suffisante pour l'instant. Quant aux résultats, ils peuvent, la plupart du temps, être obtenus dans les 24 heures. Un délai raisonnable certes, mais qui reste supérieur à celui des tests antigéniques. "Ces derniers n'ont cependant pas la même fiabilité que les PCR, notamment sur les asymptomatiques.", insiste-t-on au cabinet Linard.

Equipes mobiles

Au-delà du recours aux tests rapides, la Flandre a prévu de déployer des équipes de dépistage mobiles dans ses écoles dès qu'un foyer potentiel sera identifié. Verra-t-on des équipes des services de promotion de la Santé (PSE) en faire de même à Bruxelles et en Wallonie? A priori non...Un tel projet n'est en effet pas dans les tuyaux chez les francophones.

La FWB serait-elle à la traîne et le nord du pays à la pointe sur le testing scolaire? "On a parfois l'impression que la ministre Linard est aux abonnés absents dans cette crise", nous glisse un observateur averti du monde scolaire. "Mais attention, nuance-t-il, les propos de Weyts ressemblent aussi, sous bien des aspects, à un gros coup de com'." Au cabinet Linard, on maintient en tout cas ne pas souhaiter modifier une stratégie qui s'est montrée payante jusqu'à présent...

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