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Les universités veulent déjouer la "concurrence cannibale"

Les universités francophones ne demanderont pas d'autorisations pour de nouvelles formations. ©Kristof Vadino

Les établissements universitaires, qui refusent de se livrer à une "concurrence cannibale", n'introduiront pas de demandes pour organiser de nouvelles formations en 2022-2023.

Les six universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles refusent de se livrer à une "concurrence insensée" pour attirer de nouveaux étudiants.

Dans cette optique, elles viennent de s'entendre pour ne participer à aucune demande d'habilitation en vue de l'année académique 2022-2023. Autrement dit, ces institutions ne demanderont pas d'autorisations pour organiser de nouvelles formations.

Une course "contreproductive"

Depuis l'entrée en vigueur du décret paysage en 2014, les attributions d'habilitations font l'objet d'une procédure stricte. L'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (ARES) recueille les demandes, les analyse et les sélectionne avant de les proposer au gouvernement qui, à son tour, les soumet au vote des parlementaires.

"Reprendre la course aux habilitations serait globalement contre-productif et particulièrement néfaste, alors que nous ne faisons qu'entrevoir la sortie de crise"
Conseil des recteurs francophones

Alors que les requêtes pour l'année académique 2022-2023 peuvent être introduites jusqu'à début octobre, les recteurs ont prévenu qu'ils n'en rentreraient pas. "Les universités font le constat que la multiplication des demandes d’habilitations, alors qu’il n’y a pas de financement correspondant, pénalise tout l’enseignement supérieur.

Reprendre la course aux habilitations serait globalement contre-productif et particulièrement néfaste, alors que nous ne faisons qu’entrevoir la sortie de crise", estime le Conseil des recteurs francophones (Cref).

Par ce geste, précise-t-il, les universités entendent "sortir de la situation schizophrénique d’une concurrence stimulée par la loi de financement et maladroitement contrée par de lourds processus bureaucratiques".

Argent, nerf de la guerre

Aujourd'hui, cette fameuse loi de financement accorde aux universités un montant global sans commune mesure avec l’augmentation du nombre d’étudiants.Par contre, la répartition entre les institutions universitaires se fait selon une clé directement liée au nombre d’étudiants inscrits dans chacune d’elles.

Chaque université cherchait jusqu'à présent à attirer un maximum de jeunes, entre autres, via son offre de formations. Cette dynamique conduisait les établissements à une "concurrence cannibale contraire à l’intérêt général", selon les recteurs.

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