nécrologie

Libert Froidmont (1953-2017)

L’ancien patron de la Sogepa est décédé cette nuit des suites d’une longue maladie. Il avait 63 ans et avait contribué à préserver pendant des années la sidérurgie wallonne.

Selon nos informations, l’ancien patron de la Sogepa Libert Froidmont (63 ans) est décédé cette nuit des suites d’une longue maladie. L’homme avait quitté la présidence du comité de direction du bras financier wallon en mars 2013 pour prendre la direction de FSIH, une filiale à 100% de la Sogepa dont la mission est de gérer les investissements wallons à l’étranger dans des secteurs comme la sidérurgie, mais son transfert dans cette entité a été de courte durée pour diverses raisons liées à des conflits de personnes. Fragilisé et déçu par la tournure des événements, il a été rattrapé par la maladie qui n’a cessé de l’affaiblir.

Juriste formé à l’Université de Liège, Libert Froidmont est un grand commis de l’Etat. Il a commencé sa carrière en 1980 en tant que stagiaire dans l’administration au ministère de l’Emploi et Travail, mais il a rapidement décroché un contrat d’expert auprès de l’Union européenne afin de réaliser une étude sur un programme d’échanges de jeunes.

Un an plus tard, il entre en 1er avril 1981 à l’Institut Emile Vandervelde, le centre d’étude du PS où il restera jusqu’en 1988. Il a participé, aux côtés de feu Guy Spitaels, aux négociations sur la régionalisation des grands secteurs nationaux. Il est logiquement propulsé à la direction du Fonds pour la restructuration des secteurs nationaux en Région wallonne. Ce fonds n’est autre que l’ancêtre de l’actuelle Sogepa dont il prendra la présidence en 1999 après le départ de son prédécesseur Pierre Lemercinier. A la tête de la Sogepa, Libert Froidmont aura été de bons conseils pour les ministres de tutelle de l’outil économique wallon (Serge Kubla/MR, Jean-Claude Marcourt/PS), quelle que soit leur couleur politique.

Les relations avec les nouveaux dirigeants de la Sogepa se sont finalement dégradées l’obligeant à introduire une action au civil devant le tribunal du travail pour réclamer des indemnités pour dommages et intérêts et pour rupture abusive de contrat (environ 5 millions d’euros). Il reproche à la Sogepa d’avoir tout fait pour l’empêcher de remplir sa mission de directeur général chargé de la gestion journalière de FSIH. De son côté, la Sogepa a déposé une plainte au pénal contre lui l’accusant d’avoir violé le secret professionnel en " fuitant " dans la presse en 2012 les conclusions de la première étude du bureau Laplace sur l’avenir de la sidérurgie wallonne. Le pénal tenant le civil en l’état, l’action de Libert Froidmont réclamant des indemnités à la Région wallonne était donc bloquée. Sa mort met fin à la plainte au pénal de la Sogepa.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés