portrait

Marc De Mesmaeker, un policier discret en pleine lumière

Issu de la gendarmerie, le commissaire général De Mesmaeker devrait traverser la crise sans encombre. Grâce notamment au soutien des syndicats.

Le commissaire général De Mesmaeker, patron de la police belge, est un homme qui n'aime rien tant que la discrétion. Pas facile à approcher. Et quand il s'exprime dans la presse, c'est pour ne point faire de vague ou de déclaration fracassante. Pas un "bon client", comme on dit. L'essentiel, pour lui, est ailleurs.

Le Profil

1961: Naissance à Uccle
1983: Master en criminologie à la VUB, après l'École royale militaire et l'École royale de gendarmerie.
1991: Devient commandant de peloton d'infanterie au sein du groupe mobile de Wilrijk (Anvers)
2001: Devient directeur du service juridique de la police fédérale au moment de la réforme des polices
2008-2011: Conseiller "sécurité" de trois ministres de l'Intérieur
2011: Devient directeur général du Secrétariat administratif et technique de l'Intérieur (SAT)
2018: Devient commissaire général de la police fédérale.

L'affaire Chovanec constitue à ce propos le premier grain à essuyer pour cet homme de 59 ans au CV impeccable. Marc De Mesmaeker a tenté, ce mardi devant la Chambre, d'apaiser les esprits et de bâtir des ponts dans ce dossier qui a vu s'infiltrer le conflit gauche-droite, au point d'en faire une saga à même d'influencer la composition du futur gouvernement. "Je serai toujours associé, identifié à ce drame. J'ai pleinement conscience de représenter les autorités belges. Je tends la main à la famille Chovanec. Je sais que des milliers de collaborateurs de la police veulent que je le fasse. Peut-être que l'on va se heurter à un refus, ce que je comprendrais pleinement, ou peut-être que le moment aura lieu", a-t-il témoigné devant les députés. Sa position est claire: il ne savait pas et ne pouvait pas savoir les détails de l'interpellation de Chovanec car ceux-ci sont couverts par le secret de l'instruction judiciaire en cours.

"C'est un grand serviteur de l'État, quelqu'un qui a une vision, et c'est assez rare."
Vincent Gilles
Président du SLFP Police

Gendarme de formation, ancien avocat, négociateur de la réforme des polices post-Dutroux de 2001, Marc De Mesmaeker a fait une longue carrière administrative, entre cabinets (conseiller de l'Open Vld Patrick Dewaele lorsqu'il fut ministre de l'Intérieur) et hauts postes de la police. Pas un homme d'enquête, plutôt du genre à mettre de l'huile dans les rouages. Et à très bien connaître la machinerie complexe qu'est la police. Et pour cela, il vaut mieux se faire des amis.

"De manière élégante et naturelle"

C'est ainsi que le commissaire général De Mesmaeker a su se trouver des alliés dans les syndicats. "C'est un grand serviteur de l'État, quelqu'un qui a une vision, et c'est assez rare. C'est un homme d'état-major, de cabinet. Plusieurs membres de sa famille ont été des serviteurs de l'État, il est arrivé là où il est de manière élégante et naturelle", complimente le président du SLFP Police, le très influent – et parfois éruptif – Vincent Gilles. Même musique du côté du Sypol. Philippe Barbieux le décrit comme "un homme qui est à sa place, dont on n'a pas à se plaindre. Il a des qualités d'écoute certaines et défend son service. Il est généralement apprécié", souffle le syndicaliste.

Sous couvert d'anonymat, des hauts gradés de la police fédérale ou locale avouent peu connaître cet homme discret, peu porté sur l'opérationnel. "C'est rare, les chefs de corps qui ont fait de l'opérationnel, ce n'est pas un bon tremplin pour les postes prestigieux", sourit un commissaire.

Un travail de remise à niveau de l'image de la police s'impose.

Marc De Mesmaeker, qui doit rester en poste jusqu'en 2023 a minima, a du pain sur la planche pour redresser une police mise sur le reculoir par l'affaire Chovanec, régulièrement pointée du doigt – à tort ou à raison – dans des dossiers de violence, ou tancée par les bourgmestres bruxellois pour son absence dans les métros et gares de chemins de fer. Un travail de remise à niveau de l'image de la police s'impose aussi: elle peine toujours autant à embaucher des profils innovants. Les dossiers s'accumulent sur le bureau du commissaire général.

Un premier de la classe

Né en 1961, Marc De Mesmaeker est passé par l'École royale militaire puis l'École royale de gendarmerie avant de bifurquer vers le droit. Il a notamment obtenu le prix René Marcq de la VUB, qui récompense l'étudiant qui a fait preuve de la meilleure aptitude à la recherche scientifique en faculté de criminologie.

Le 5e commissaire général

Marc De Mesmaeker a succédé à Catherine De Bolle, devenue directrice d'Europol, en juin 2018. Il avait été désigné dès 2015 à ce poste par une commission indépendante, la première depuis que le poste de commissaire général de la police fédérale existe. Marc De Mesmaeker en est le 5e représentant.

"S’ils pensent de cette manière, ils doivent quitter la police"

Le commissaire général a fustigé, ce mardi, les policiers qui se sont livrés à des remarques désobligeantes, voire racistes, dans un groupe privé très fréquenté sur Facebook. "S’ils pensent de cette manière, ils doivent quitter la police", a-t-il commenté à la Chambre.

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