Marghem pointe la "lourde" responsabilité d'Electrabel en cas de délestage

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La ministre fédérale de l’Energie met les points sur les "i". Elle pointe la responsabilité d’Electrabel dans les questions que la Belgique se pose aujourd’hui sur sa sécurité d’approvisionnement.

Après l'annonce de la fermutre de deux nouvelles centrales nucléaires, Marie Christine Marghem, ministre de l'Energie, a voulu mettre les choses au point, ce lundi. 

"J'ai appris cette information du jour au lendemain et ça me choque terriblement dans le chef d'Electrabel que Tihange 3 et Tihange 2 redémarreraient des mois plus tard."
Marie Christine Marghem
Ministre de l'Energie

Elle pointe la responsabilité d'Electrabel . "J'ai appris cette information du jour au lendemain et ça me choque terriblement dans le chef d'Electrabel que Tihange 3 et Tihange 2 redémarreraient des mois plus tard." D'après elle, il y a une responsabilité en termes de planification de la révision des réacteurs, qui a une conséquence sur l'atmosphère des marchés et les contrats variables, voire même sur les contrats fixes. L'analyse de la responsabilité d'Electrabel est en cours

Ce que la ministre reproche à Electrabel, ce n’est pas sa communication tardive, mais bien la manière dont elle a planifié ses entretiens, ses inspections et ses travaux. "Il est extraordinaire quand même de se retrouver dans une planification qui conduit à n’avoir plus qu’un réacteur nucléaire disponible en novembre, quand on produit 54% du mix électrique belge."

Pour le reste, la ministre n’a communiqué ni de chiffres précis sur le risque de pénurie pour les mois à venir, ni de plan d’actions concret. "Nous y travaillons", affirme Marie Christine Marghem.

La ministre n'a rien dit sur l'AFCN, gendarme du nucléaire en Belgique. "Je ne suis pas en mesure d'évaluer les travaux effectués."

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Même si elle estime que la situation est plus grave qu'en 2014, la ministre n'envisage donc pas encore de campagne spécifique ou de plan de délestage. L'ensemble des opportunités est examinée, en termes de source d'approvisionnement de l'électricité, dont l'interconnexion avec l'étranger. D'autres solutions pourraient être envisagées à terme, dont la réquisition, sachant qu'il existe à Vilvorde une centrale au gaz hors marché.

La ministre n'envisage pas de réactiver la réserve stratégique, devenue obsolète depuis que le mécanisme de rémunération de capacité a permis aux centrales au gaz de fonctionner dans le marché, dans le cadre de la transition énergétique définie par le pacte.

Marghem a rappelé les initiatives prises pour préparer la transition énergétique, notamment l'éolien. Elle évacue toute responsabilité ministérielle, renvoyant à la responsabilité opérationnelle d'Electrabel et à la responsabilité technique d'Elia sur laquelle elle fonde son analyse politique. 

Critiques et exigences de droite et de gauche

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"A ceux qui disent que ce gouvernement n'a rien fait, je réponds que c'est faux. Car nous avons négocié pour tous les parc offshore à l'horizon 2020", a-t-elle ajouté. Cette petite phrase intervient alors que presque tous les partis politiques ont eu leur mot à dire sur le sujet.

    Depuis que quatre réacteurs belges sont à l'arrêt, les critiques ont en effet fusé, de droite comme de gauche avant que la ministre ne prenne la parole publiquement. 

    • Selon le président des socialistes flamands, John Crombez, le gouvernement fédéral a tout fait depuis le début pour "saboter" le développement d'énergies alternatives. "La gestion du cabinet Marghem était dans les mains d'Eletrabel", a-t-il déclaré.
    • La présidente de l'Open Vld Gwendolyn Rutten avait exigé de Marie Christine Marghem qu'elle mette en place "immédiatement"une réserve stratégique permettant de garantir durant cet hiver la sécurité d'approvisionnement de l'électricité en Belgique. Le risque qu'il n'y ait, à un moment, plus de lumière cet hiver serait "inacceptable" aux yeux des libéraux flamands. "Les gens et les entreprises doivent pouvoir passer un hiver tranquille", a clamé Gwendolyn Rutten ce lundi.
    • Céline Fremault (Cdh) avait elle demandé de convoquer, "dans les plus brefs délais", une réunion des ministres de l'Energie, à propos des risques élevés de coupures de courant, en Belgique, dans les prochaines semaines. Ces risques ont été évoqués dimanche par une experte du Bureau du Plan.
    • Le CD&V a lui souhaité que Marghem et les acteurs du dossier s'expriment d'urgence au parlement. La ministre s'y exprimera mercredi.

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