Journaliste

Préserver nos jeunes, leurs apprentissages, est devenu essentiel pour la société. Sans céder à la panique face au virus.

On ferme les bars, on restreint la vie sociale, et pourquoi donc faudrait-il continuer à envoyer nos enfants à l'école si le danger est si présent? Si le virus est à nouveau si dangereux que prendre un verre entre amis dans le centre-ville de Bruxelles est devenu un acte punissable?

Si cet effort est demandé, c'est car au-delà des hôpitaux, déjà au bord de l'épuisement, il y a un autre secteur essentiel à préserver: celui de l'enseignement. C'est le message qu'ont voulu faire passer, à raison, les autorités. Keep calm and go to school.

Pouvoir laisser les classes et auditoires ouverts relève d'un impératif de société. A plusieurs titres.

D'abord pour les enfants, les adolescents, les jeunes étudiants qui ont déjà perdu une demi-année dans leurs apprentissages. Qui, pour beaucoup, se sont sentis, et se sentent encore, déboussolés, impactés jusque dans le sens qu'ils donnent à leur vie. Les inégalités se sont creusées, les rattrapages sont toujours en cours, et fermer à nouveaux les écoles et les unifs serait envoyer un très mauvais signal à cette jeunesse qui, il ne faut pas l'oublier, est l'avenir du pays. L'éducation est un droit, la sociabilisation est un besoin qu'on ne peut, à nouveau, leur ôter.

"L'éducation est un droit, la sociabilisation est un besoin qu'on ne peut, à nouveau, leur ôter."

Ensuite pour les enseignants et les directions qui ont tout mis en place pour assurer la sécurité de leurs élèves, pour supporter (parfois en pestant) le port du masque en classe, pour aménager leurs cours, pour s'accrocher, malgré tout, et "vivre avec le virus", comme on leur a demandé.

Fermer leurs classes serait aussi leur envoyer un signal très négatif. Celui qu'ils n'ont "pas été capables". Alors qu'ils ont fait de leur mieux.

Enfin, le signal serait tout aussi catastrophique pour les parents, ceux qui travaillent comme les autres, et pour les entreprises qui les emploient. Tous les congés parentaux et aides ne suffiront pas à permettre la poursuite de l'activité économique, tout aussi indispensable pour que le pays ne sombre pas complètement dans le chaos.

Fermer les écoles, ce serait ni plus ni moins remettre le pays à l'arrêt. C'est ce qu'il faut éviter à tout prix. Car comme nos jeunes, pas sûr qu'ils s'en remettent cette fois-ci.

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