Négociations salariales: actions et grève le 29 mars dans le secteur privé

Les négociations entre syndicats et employeurs sont tendues depuis quelques semaines. ©Photo News

La FGTB et la CSC organiseront le 29 mars une journée d'actions et de grève dans le secteur privé pour réclamer de "véritables augmentations de salaire".

"Grève": le mot est désormais lâché. Lassées de se heurter à une fin de non-recevoir du banc patronal quant à leurs demandes de "réelles négociations" salariales, la FGTB et la CSC ont décidé mercredi de passer à la vitesse supérieure. Exit les opérations symboliques dans quelques entreprises, les deux syndicats appellent désormais à une large journée d’actions et de grève dans le secteur privé le 29 mars.

0,4%
Marge salariale disponible
En 2021 et 2022, les salaires ne devraient pas augmenter de plus de 0,4%, selon le Conseil central de l'économie.

Pour rappel, le motif du courroux syndical n'est autre que le plafond d'augmentation des salaires pour 2021 et 2022, fixé à 0,4% par le Conseil central de l'économie. Depuis la publication de ce chiffre le 14 janvier, les syndicats n'ont eu de cesse de dénoncer une "aumône", dont le calcul a été effectué via le "logiciel truqué" de la loi de 1996.

Pour les représentants des travailleurs, cette marge doit absolument être indicative, ce qui permettrait aux secteurs en bonne santé, à l'instar de l'industrie pharmaceutique, de la dépasser. Côté patronal, on refuse systématiquement cette approche qu'on juge susceptible de mettre à mal la compétitivité du pays.

Intensifier la pression

Ces positions antagonistes ont jusqu'à présent empêché toute avancée dans les discussions entre partenaires sociaux. En l'absence d'un accord d'ici la semaine prochaine, le gouvernement fédéral devrait reprendre la main. Pierre-Yves Dermagne (PS), le ministre du Travail, n'a pour l'instant rien laissé filtrer quant à la méthode qu'il emploiera pour tenter de démêler l'écheveau.

Afin d'intensifier la pression sur le gouvernement, mais aussi sur le patronat, les syndicats socialiste et chrétien dégainent en tout cas déjà la carte de la grève. Dans les prochaines semaines, ceux-ci distribueront également un million d'exemplaires d'une "Gazette des salaires", étayant leurs principales revendications.

CGSLB en retrait

Notable: la grève du 29 mars ne se déroulera pas en front commun, vu que la CGSLB a préféré rester sur la touche, une première depuis le début des négociations salariales. "Nous mènerons des actions de sensibilisation, mais nous n'appellerons pas à la grève", précise-t-on au syndicat libéral.

"Nous mènerons des actions de sensibilisation, mais nous n'appellerons pas à la grève."
CGSLB
Syndicat libéral

Quoi qu'il en soit, l'annonce du jour ne contribuera probablement pas à assouplir les positions patronales. "Le summum de l'irréalité?Après le plus gros choc économique jamais connu, paralyser le pays, car une augmentation des salaires de 3,2% est trop faible (NDLR: compte tenu de l'indexation). Il faut le faire...", s'est d'ailleurs agacé l'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans.

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