Objectif: sauver le Cercle de Lorraine

©Thierry du Bois

Une nouvelle ère a démarré pour le Cercle de Lorraine. Le conseil d’administration va être remanié et Belfius y fait son entrée.

Mon objectif est de sauver le Cercle par tous les moyens légaux et en toute transparence.
Olivier Boels
directeur général du Cercle de Lorraine

Après une longue assemblée qui s’est tenue mardi soir en présence d’un notaire, les obligataires du Cercle ont accepté de voir le remboursement des échéances reporté à dix ans. Le rendement annuel de 8% sur lequel ils pouvaient compter passe à 2,75%. À cette occasion, le conseil d’administration du Cercle va être remanié et Belfius y fait son entrée.

Tourner la page

Baudouin Velge et Olivier Boels, respectivement président et (nouveau) directeur général du Cercle de Lorraine, étaient tout sourire hier matin, au lendemain de l’assemblée des obligataires qui leur a permis d’envisager l’avenir du Cercle sous de meilleurs auspices.

Que les choses soient claires. Les finances du Cercle, sérieusement plombées par le remboursement d’un emprunt obligataire de cinq millions d’euros, n’étaient pas au beau fixe. Et pour le dire en un mot comme en cent, personne ne savait comment payer la prochaine tranche des intérêts dus aux obligataires. C’est pour cette raison que Baudouin Velge, flanqué de son nouveau directeur général, est allé à la rencontre des obligataires pour leur faire la proposition suivante: un remboursement du capital étalé sur dix ans (l’échéance finale était prévue l’année prochaine) et un rendement de 2,75% au lieu de 8%. Les obligataires, présents et représentés à 80% (3,760 millions d’euros sur cinq), ont accepté le plan.

 

Nouveau conseil

À cette occasion, Belfius fait son entrée au conseil d’administration, qui va être totalement remanié. Pour faire simple, les anciens administrateurs, des proches de Stéphan Jourdain, le fondateur du Cercle, vont remettre leur mandat. Belfius, qui devient sponsor du Cercle et qui a consenti un prêt pour passer l’été, sera représentée par Dirk Gyselinck, un des membres du comité de direction de la banque. D’autres administrateurs, dont des représentants des gros porteurs, monteront également à bord du nouveau conseil. Les nominations doivent encore être formalisées.

Depuis le mois de février, Olivier Boels, venu du monde de la sécurité, est le nouveau directeur général du Cercle. C’est après avoir réalisé un audit juridique et financier du Cercle qu’il a accepté de relever le défi proposé par Baudouin Velge. C’est ce même audit qui a achevé de convaincre Belfius de faire partie de l’aventure. Cette entrée de la banque dans le conseil du Cercle devrait rassurer les obligataires.

On le sent, la volonté des responsables du Cercle est de tourner la page du passé. A priori, le conseil d’administration actuel, composé de trois proches de Stéphan Jourdain (son beau-frère, son cousin et un ami) va passer la main. Et les derniers liens avec Stéphan Jourdain vont être rompus. Pour faire simple, le Cercle lui doit encore environ deux millions d’euros: un million prêté par Jourdain l’an dernier lors de son départ et un million dû pour le rachat d’une convention de réméré. Cette clause permettait à Stéphan Jourdain, sous certaines conditions, de jouir de l’exclusivité de l’appellation Cercle de Lorraine. La dette vis-à-vis de Jourdain a été versée dans le plan de remboursement accepté avant-hier soir par les obligataires.

Transparence

"Mon objectif est de sauver le Cercle par tous les moyens légaux et en toute transparence", assure Olivier Boels. Qui martèle son message: bonne gouvernance et transparence. C’est ce qui a poussé les responsables du Cercle à passer un accord avec les services de l’urbanisme. Des travaux réalisés à l’époque sans permis dans l’hôtel de Mérode vont être régularisés. Une demande de permis a été introduite en ce sens et des discussions ont eu lieu avec les services de l’urbanisme. Les travaux seront planifiés prochainement. Enfin, les risques financiers d’un litige opposant le Cercle au fisc ont également été englobés dans le plan de remboursement.

Sponsoring

On le voit, les responsables attendent beaucoup de ce nouveau départ. Un nettoyage des structures qui va de pair avec de nouvelles initiatives portées à l’attention des plus jeunes membres (ouverture d’un bar et d’une brasserie au rez-de-chaussée), des femmes, des membres néerlandophones et anglophones et des ressortissants étrangers.

"La grande force du Cercle, c’est de pouvoir se reposer sur une équipe de collaborateurs et de collaboratrices compétents et dévoués", a expliqué Olivier Boels.

Au-delà du prêt consenti par Belfius et des cotisations des 1.600 membres, le Cercle compte également lancer un programme de sponsoring pour faire rentrer de l’argent frais. Audi et Belfius sont les deux premières marques à avoir répondu présent. L’appel aux candidatures est lancé. Par ailleurs, le Cercle, qui organise plus de 200 événements par an, compte encore travailler ce pôle. Les locaux pourraient, par exemple, être mis à disposition d’associations. Enfin, signe de la confiance des nouveaux partenaires, Belfius envisage d’accrocher aux murs du Cercle quelques-unes des œuvres de sa prestigieuse collection. Une nouvelle ère démarre pour le Cercle de Lorraine.

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