On licencie moins en cette période de crise sanitaire

Trois ruptures de contrat sur 10 sont désormais forcées. ©AFP

Une étude d'Acerta montre que la crise du coronavirus a provoqué une stagnation du marché belge de l'emploi. Les nouveaux contrats fixes sont en baisse, les licenciements aussi.

La pandémie de Covid-19 a lourdement affecté le marché de l'emploi. L'étude d'Acerta portant sur 40.000 employeurs issus du secteur privé dresse le bilan d'un marché en stagnation: moins de personnes quittent ou entrent sur le marché depuis le début de la crise.

-41%
Au mois de mai, les nouveaux contrats à durée indéterminée ont chuté de 41,44% sur un an.

Concrètement, le nombre de ruptures de contrat de travail à durée indéterminée a diminué de 15% depuis le confinement par rapport à l'année dernière. C'est en avril que l'on constate la baisse la plus significative: -15.62% par rapport à avril 2019.

"Les chiffres s'expliquent par le fait que le marché de l'emploi est entré en mode survie pendant la crise du coronavirus. Les entreprises pouvaient se rabattre sur des filets de sécurité tels que le chômage temporaire corona et le congé parental corona. Très vite, elles ont eu le réflexe de se dire que face à cette situation inédite, elles ne devaient pas prendre de décision hâtive", explique Amandine Boseret, conseillère juridique chez Acerta.

Les licenciements plus souvent le fait des employeurs

Bien que les ruptures de contrat diminuent depuis plusieurs mois, Acerta constate que de plus en plus d'employeurs en sont eux-mêmes à l'origine. Avant la crise, les ruptures de contrat étaient plus souvent l'initiative du travailleur. Cette nouvelle tendance s'explique par la frilosité qu'ont les travailleurs de rompre leur contrat de travail en cette période, affirme Amandine Boseret. "Les travailleurs vont davantage privilégier la sécurité de l'emploi. Ils se disent qu'ils peuvent s'estimer heureux d'avoir un contrat qui court encore. On observe un réel changement de mentalité à ce niveau-là." Trois ruptures de contrat sur dix sont désormais forcées, tandis qu'une sur trois se fait encore d'un commun accord.

"Repartir de zéro parce que vous avez licencié vos travailleurs pour devoir en recruter d’autres après n’est en aucun cas le scénario idéal pour une reprise rapide".
Amandine Boseret
Conseillère juridique chez Acerta

On constate également une baisse des nouveaux contrats à durée indéterminée depuis le mois de février. Au mois de mai, ils ont carrément chuté de 41,44% sur un an. Les chiffres sont restés inférieurs au niveau de 2019 pendant tout l'été.

"Nous remarquons également que cela préoccupe les employeurs vu les questions que nous recevons. D’une part, ils restent prudents en matière d’embauche de nouveaux collaborateurs en raison de l’incertitude. D’autre part, ils sont conscients que le licenciement n’est pas souhaitable à moyen terme pour conserver leurs talents. Repartir de zéro parce que vous avez licencié vos travailleurs pour devoir en recruter d’autres après n’est en aucun cas le scénario idéal pour une reprise rapide", assure Amandine Boseret.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés