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Où êtes-vous, femmes et hommes d’État?

Rédacteur en chef

Faute de ligne claire et de leadership, nos gouvernements perdent un temps précieux. De grâce, reprenez-vous ! Moins vous agissez, plus vous le payerez aux prochaines élections.

On sait depuis le début que cette Vivaldi, formée à reculons, est contre-nature. C’était écrit jusque dans l’accord de gouvernement, truffé d’ambigüités et de paradoxes, de quoi permettre à chacun de lui faire dire ce qu’il veut.

Ne prenons qu’un exemple. Au cœur des ambitions fédérales figure "une grande réforme fiscale afin de moderniser, simplifier et rendre le système fiscal plus équitable et plus neutre". Objectif louable, indispensable mais plombé dès les paragraphes suivants, par un fatras de conditions contradictoires.

Au début pourtant, il y avait un élan. On avait envie d’y croire. En enfilant le costume de Premier ministre, Alexander De Croo nous disait, avec conviction : "Nous voulons prouver que ce pays peut fonctionner." Depuis lors, on a compris qu’il ne parviendrait pas à donner un cap à cet équipage il est vrai infernal.

L’urgence de la pandémie a un temps resserré les rangs. Mais aujourd’hui, même le covid n’aligne plus les énergies. Les pseudo-partenaires ne cachent même plus qu’ils n’ont pas grand-chose en commun. Surtout du côté francophone.

Ne nous berçons pas d’illusions : il n’y aura pas de “grande réforme fiscale” avec ce gouvernement.

En conséquence, le bilan est maigre. On n’a toujours pas tranché sur le nucléaire. On fait peu, beaucoup trop peu pour relancer l’emploi. Quant aux projets fiscaux, ne nous berçons pas d’illusions : il n’y aura pas de “grande réforme fiscale” avec ce gouvernement. Tout le monde le sait, tout le monde le dit tout bas, sauf le ministre des Finances qui travaille ses éléments de langage pour sauver les apparences.

Pour ne rien arranger, on doit malheureusement en dire autant du gouvernement wallon, dont on cherche en vain le souffle et dont la ministre-présidence d’Elio Di Rupo ressemble de plus en plus au mandat de trop.

Idem pour l’exécutif régional bruxellois, attelage sans ambition et flanqué d’un Rudi Vervoort transparent. Et que dire de l’exécutif flamand, dont le chef Jan Jambon joue du comité de concertation comme d’un bilboquet.

Vos dissensions ne pèsent rien face au besoin vital de onze millions de Belges : progresser !

Bien sûr, la situation est compliquée. Le covid n’arrange rien. Les finances publiques sont mal en point, en particulier du côté francophone. La lasagne institutionnelle belgo-belge est périmée. Les extrêmes (de droite comme de gauche) guettent à la porte. Bien sûr, tout ceci pèse. Mais est-ce une raison pour ne rien tenter ?

Où êtes-vous, femmes et hommes d’État ? Allez-vous rester les bras croisés, ou (pire) les mains sur le volant, en regrettant que le tacot Belgique file droit dans le mur ? Oui, faire avancer ce pays est tout sauf simple. Mais l’inaction n’est pas une option. Vous savez que, moins vous agissez, plus vous le payerez aux prochaines élections. Vous perdez, nous perdons tous un temps fou. De grâce, reprenez-vous ! Vos dissensions ne pèsent rien face au besoin vital de onze millions de Belges : progresser !

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