Pas de révolution, mais davantage de souplesse pour la vaccination

La limite d'âge pour l'usage du vaccin d'AstraZeneca ayant été levée, la Belgique va commencer à convoquer les plus de 65 ans dès cette semaine. ©Photo News

La Belgique a retouché sa stratégie de vaccination, notamment, en lançant, dès à présent les invitations aux plus de 65 ans, et en diminuant le stock de sécurité du vaccin Pfizer.

C'était prévisible. Lorsque les ministres de la Santé ont repris à leur compte la demande, fleurissant sur les réseaux sociaux, d'effectuer un "reset" de la campagne de vaccination, il n'entrait nullement dans leurs intentions d'effectuer une remise à plat totale. Non, l'idée était de procéder à des ajustements.

Ceux qui attendaient une petite révolution risquent donc d'être déçus du résultat de la conférence interministérielle (CIM) Santé qui s'est tenue mercredi soir. Qu'en est-il ressorti?

C'est parti pour la phase "1b"!

Logiquement, les ministres ont suivi l'avis rendu mardi par le Conseil supérieur de la santé. Ils ont donc autorisé l'administration du vaccin d'AstraZeneca aux plus de 55 ans; de quoi donner un coup d'accélérateur à la campagne de vaccination.

Il apparaît ainsi que la Flandre débutera avec les plus de 85 ans, Bruxelles avec les plus de 75 ans et la Wallonie, avec les plus de 65 ans.

Concrètement, cela signifie que la phase 1b, visant les plus de 65 ans (environ 2 millions de personnes) ainsi que les personnes de 18 à 64 ans considérées comme à risque (1,5 million), débutera dès la fin de la semaine. C'est un peu plus tôt que prévu, puisque son lancement était programmé jusqu'ici à la mi-mars à Bruxelles et dans le courant de la seconde quinzaine du mois en Flandre et en Wallonie.

Avec – on n'est pas en Belgique pour rien – des subtilités régionales. Il apparaît ainsi que la Flandre débutera avec les plus de 85 ans, Bruxelles avec les plus de 75 ans et la Wallonie, avec les plus de 65 ans.

On ne change pas de cap

Par ailleurs, il apparaît que le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo) n'a pas été suivi, pour l'instant du moins, dans ses velléités de modifier plus avant l'ordre de priorité des vaccinations. Dans un courrier envoyé à ses homologues, il plaidait mardi pour que la Belgique laisse tomber le critère lié aux comorbidités, histoire de simplifier l'envoi des convocations et de se concentrer uniquement sur l'âge.

"La stratégie globale de vaccination ne sera pas modifiée et l'accent continuera d’être mis sur les groupes vulnérables."
La task force vaccination

Le Fédéral et les autres Régions n'ont pas embrayé sur le sujet. "Le critère de santé doit continuer à prévaloir dans la stratégie, fait valoir la task force vaccination. Par conséquent, la stratégie globale de vaccination ne sera pas modifiée et l'accent continuera d’être mis sur les groupes vulnérables."

Un soupçon de risque

Alain Maron n'est toutefois pas reparti les mains vides. La phase d'invitation liée aux comorbidités n'a pas encore démarré, et celle-ci sera entamée "au regard des performances informatiques de l’outil d’invitation" – performances dont se plaignait amèrement Bruxelles. Il sera aussi demandé au secteur hospitalier si les personnes atteintes des comorbidités les plus sévères et nécessitant un suivi régulier ne pourraient pas être vaccinées à l'hôpital.

170.000
doses de Pfizer
Le stock de sécurité du vaccin Pfizer sera réduit à un tampon d'une semaine, de quoi libérer immédiatement quelque 170.000 doses.

Mardi, le Conseil supérieur de la santé autorisait également l'allongement du délai entre deux injections du vaccin BioNTech/Pfizer, faisant passer celui-ci de 21 à 35 jours. À condition, toutefois, que la situation épidémiologique l'impose. Les ministres de la Santé en ont pris acte et se sont alignés. Ils ont toutefois protégé les arrières de la Belgique - la notice de Pfizer recommande de respecter ces trois semaines d'intervalle - en demandant un avis complémentaire à l'Agence européenne des médicaments, ainsi qu'une étude juridique.

Sortir de sa zone de confort

Cela change-t-il quelque chose dans l'immédiat en ce qui concerne l'administration de ce vaccin?

Forte de la recommandation du CSS et rassurée par la stabilisation des livraisons en provenance de Pfizer, la Belgique a décidé de sortir un brin de sa zone de confort. Jusqu'ici, pour chaque personne recevant sa première dose de Pfizer, une seconde dose était réservée dans les frigos belges, trois semaines durant donc.

Au diable cette prudence de Sioux, puisque la task force recommande à présent de se montrer plus souple en matière de gestion des stocks et de ne plus conserver qu'un tampon d'une semaine. Ce qui libère concrètement quelque 170.000 doses qui pourront être injectées.

"La protection contre les nouveaux variants constitue une raison supplémentaire en faveur du maintien des deux doses."
La task force vaccination

Autre signe de souplesse: il a été convenu de réduire de cinq à trois jours le délai de livraison des vaccins par le transporteur Medista, de quoi fournir davantage de flexibilité au processus de commande des doses par les entités fédérées.

Maintenir une "protection optimale"

Concernant, enfin, la possibilité de n'injecter qu'une seule des deux doses de vaccin, déjà balayée par le Conseil supérieur de la santé, elle n'a pas plus été retenue ce mercredi, afin d'offrir une "protection optimale" aux personnes vaccinées. "En outre", ajoute la task force, "la protection contre les nouveaux variants constitue une raison supplémentaire en faveur du maintien des deux doses."

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