François Fornieri interpellé chez lui dans le cadre d'un dossier Nethys

François Fornieri, CEO de la biotech Mithra, est visé par plusieurs enquêtes judiciaires. ©Tim Dirven

Le CEO de Mithra a été interpellé ce mercredi matin à son domicile. Il a été auditionné par la police dans le cadre du dossier pénal lié aux rémunérations de l'ancien management de Nethys, mené par le magistrat instructeur liégeois Frédéric Frenay. Il était toujours auditionné ce mercredi soir à 21h30, notaient ses avocats.

La grande muette. Ce mercredi, les portes se sont refermées pour qui cherchait à en savoir plus sur l'audition de François Fornieri, le CEO de la biotech cotée en bourse Mithra. C'est que l'enjeu est d'importance: il s'agit de l'avenir d'un homme auteur d'une des plus spectaculaires success stories de l'histoire de la Wallonie. Ce mercredi, donc, s'est joué une partie d'un destin et l'on en connaîtra les suites plus tard: les multiples sources judiciaires contactées par L'Echo ont préféré ne pas s'exprimer, bottant en touche à la moindre question.

Ce mercredi soir, vers 21h30, on apprenait auprès de ses avocats que l'audition de François Fornieri était toujours en cours.

Que sait-on, donc? On sait que François Fornieri a été interpellé par la police, mercredi matin, à son domicile, avant d'être conduit dans les locaux d'un commissariat de police. Ce mercredi soir, vers 21h30, on apprenait auprès de ses avocats que l'audition de François Fornieri était toujours en cours.

En début de journée, nous apprenions à bonnes sources que son domicile avait été perquisitionné, mais il n'en était finalement rien. Selon nos informations, d'autres personnes ont également été interpellées en même temps par la police judiciaire fédérale de Liège et l'Office central de répression de la corruption, le service de police judiciaire chargé d'enquêter sur l'affaire. Leur nom n'avait pu, hier, être confirmé. De l'audition de François Fornieri et de sa nature - privation de liberté ou pas - il était impossible de recouper quoi que ce soit auprès de la justice. Le procureur général de Liège, Christian De Valkeneer, a simplement confirmé "l'audition de Monsieur Fornieri". Ce dernier, visé dans plusieurs dossiers pénaux distincts, n'est inculpé dans aucun et reste présumé innocent.

"La suite normale de l’enquête"

De source proche du dossier, il apparaît que M. Fornieri était entendu dans le cadre de l'affaire dite des rémunérations du top management de Nethys, dossier qui a fait les choux gras de la presse ces dernières années, autour de la figure centrale de Stéphane Moreau, l'ancien CEO de Nethys.

"Comme il s’est toujours attaché à le faire, M. Fornieri veille à apporter tous les éléments utiles à l’enquête."
Mes Georges-Albert Dal, Marc Dal et Philippe Culot
Avocats de Mithra

Les avocats de Mithra, Mes Georges-Albert Dal, Marc Dal et Philippe Culot, ont réagi ainsi à l'information: "M. Fornieri est uniquement entendu dans le cadre de l’affaire Nethys. Tel est aussi le cas d’autres anciens administrateurs de Nethys. Ces auditions s’inscrivent dans la suite normale de l’enquête. Comme il s’est toujours attaché à le faire, M. Fornieri veille à apporter tous les éléments utiles à l’enquête. Il regrette une nouvelle fois la publicité donnée à des devoirs d’enquête couverts par le secret de l’instruction."

Pour rappel, c’est le 22 mai 2018 que le comité de rémunération de Nethys, composé de l’homme d’affaires François Fornieri (président), de Pierre Meyers et de Jacques Tison, validait le principe d’indemnités de départ octroyées aux anciens dirigeants de Nethys afin de tenter de les garder à la barre du navire alors que le décret gouvernance devait encadrer les rémunérations de ses dirigeants. Par la suite, on apprendra que Nethys a versé des indemnités dites de rétention de 14,47 millions d’euros à Stéphane Moreau (ex-CEO de Nethys), à Pol Heyse (ex-CFO), à Bénédicte Bayer (membre du comité de direction) et à Diego Aquilina, alors CEO de l’assureur Integrale. Une autre réunion de ce comité de rémunération tenue cette fois le 21 mai 2019 décidait encore d’accorder des bonus pour un total de 3,91 millions d’euros à Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer.

Witmeur et Levaux entendus comme témoins

Vers la mi-décembre 2019, qualifiant ce système de "construction artificielle" et de "manœuvres illégales", le ministre wallon en charge des Pouvoirs publics, Pierre-Yves Dermagne, avait voulu annuler ces décisions avant de se rendre compte que la tutelle du gouvernement wallon ne portait pas sur les périodes incriminées. In fine, la justice devait donc tirer les choses au clair dans cette affaire.

Renaud Witmeur, Laurent Levaux et les policiers ont fait le tour des différents dossiers qui intéressent actuellement la justice liégeoise.

Si les principaux concernés ont toujours déclaré que tout avait été fait dans la légalité et que les opérations avaient été validées par les organes de Nethys, une instruction a tout de même été ouverte dans les mains du juge d’instruction liégeois Frédéric Frenay à la fin du mois de décembre 2019. C'est donc ce volet de l'affaire qui intéresse aujourd'hui les enquêteurs.

On a appris par ailleurs que Renaud Witmeur et Laurent Levaux, respectivement administrateur délégué et président du conseil d’administration de Nethys, avaient été entendus en tant que témoins par les enquêteurs de la police judiciaire fédérale pendant plusieurs heures, ce mardi. Ensemble, ils ont fait le tour des différents dossiers qui intéressent actuellement la justice liégeoise. Il s’agit, entre autres, des ventes de VOO, de Win et d’Elicio et des indemnités versées aux anciens dirigeants de Nethys par le comité de rémunération.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité