Peu de défections de profs attendues pour la rentrée

Les syndicats s'attendent à ce qu'une grande majorité des enseignants soient à leur poste pour la rentrée. ©Photo News

Quelques défections dans les rangs des enseignants ne sont pas à exclure lors de cette rentrée scolaire, alors que bon nombre de fonctions sont déjà en pénurie.

Les pénuries de profs dans les écoles francophones ne sont pas neuves. Avec la crise sanitaire, des absences supplémentaires sont cependant à craindre lors de cette rentrée.

"L'immense majorité des professeurs est dans les starting-blocks."
Caroline Désir
Ministre de l'Education

Au-delà du fait que des postes n'auront pas été pourvus, un certain nombre d'enseignants, appartenant à des groupes dits à risque (âgés, diabétiques...), pourraient être écartés dans les prochains jours. À ceux-ci s’ajoutent les professeurs revenant de zone rouge qui se placeront en quarantaine et ceux, inquiets, qui refuseront potentiellement de donner cours.

Une minorité d'absents

Du côté des syndicats, on se veut toutefois rassurant. Tant la CGSP que la CSC s'attendent à un nombre limité de défections ce mardi. Même constat au SLFP-Enseignement, où la présidente Masanka Tshimanga prédit "une rentrée plus ou moins normale en termes d'absences".

Le cabinet de la ministre de l'Éducation Caroline Désir (PS) ne fait pas non plus état de retours inquiétants à ce propos. "L'immense majorité des professeurs est dans les starting-blocks. Si certains devaient se retrouver en quarantaine mais asymptomatiques, nous pourrions les solliciter pour faire l'école à distance", indiquait encore la ministre le week-end dernier.

Les directions ont souvent des difficultés à trouver des titulaires, ou des remplaçants, pour certaines fonctions dans leurs équipes éducatives.

Pénurie préexistante

Les acteurs de l'enseignement ne semblent pas trop inquiets quant aux potentielles absences lors de cette rentrée. Par contre, le phénomène de pénurie d'enseignants reste bien d'actualité en Fédération Wallonie-Bruxelles .

Ce n'est pas neuf: les directions ont souvent des difficultés à trouver des titulaires, ou des remplaçants, pour certaines fonctions. Instituteurs maternels et primaires, professeurs de langues étrangères, de mathématiques, de sciences, de cours techniques ou encore maîtres de philosophie et de citoyenneté restent des profils très recherchés.

Comment expliquer ces pénuries? Le manque d’attractivité du métier, la difficulté d’exercer la mission de pédagogue, l'absence de considération de l’opinion publique constituent quelques causes potentielles.

"En vertu du décret, un enseignant qui occupe un poste alors qu'il est nommé pour un autre sera désormais tenu de libérer ce dernier dans un délai de quatre ans."

Mobilité des enseignants

En juillet dernier, une série de mesures ont été entérinées sous la houlette de la ministre Désir pour répondre partiellement à la problématique. L'une d'entre elles vise, par exemple, à améliorer les conditions de travail des jeunes enseignants, en limitant l'instabilité qui pèse sur eux. Souvent cantonnés à des postes de remplaçants en début de carrière, ces professeurs se retrouvent régulièrement sur la touche au retour du titulaire, qui peut parfois se faire après plusieurs années.

En vertu du décret, un enseignant qui occupe un poste alors qu'il est nommé pour un autre sera désormais tenu de libérer ce dernier dans un délai de quatre ans.

Selon la ministre Caroline Désir, la lutte contre la pénurie d'enseignants "ne fait que commencer". ©BELGA

Autre levier: le texte prévoit de rendre la mobilité des enseignants d'un pouvoir organisateur (PO) à l'autre plus accessible, notamment en permettant une valorisation de l'ancienneté.

Par ailleurs, il apporte toute une série de corrections au fameux décret "Titres et fonctions". Techniques, les aménagements apportés visent surtout à alléger les procédures et à faciliter la vie des directeurs.

"Le travail de lutte contre la pénurie ne s’arrêtera pas là, il ne fait que commencer", a assuré Caroline Désir lors du vote de ce décret. D'après elle, si les mesures adoptées n'offrent pas une réponse à l'ensemble des dimensions de la pénurie, elles devraient toutefois rapidement avoir des effets positifs sur certaines difficultés rencontrées par les acteurs de terrain. Une première évaluation est prévue pour 2022.

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