Positifs asymptomatiques, mais quand même au travail

Certains établissements ont tellement d'absents qu'ils font revenir du personnel asymptomatique. ©Photo News

En vertu d'un assouplissement des règles, du personnel asymptomatique est autorisé à reprendre le travail. Mais tous les établissements ne sont pas emballés par l'idée.

Aller travailler alors qu’on est positif, mais asymptomatique? C’est prendre le risque de contaminer ses collègues. Et pourtant, dans les secteurs où l’on manque le plus de bras, comme la police ou les établissements de soins, certains membres du personnel, asymptomatiques, sont présents au travail...

À la police de Charleroi par exemple, un agent a été testé positif au Covid-19, mais la médecine du travail n’a pas jugé utile de le placer en quarantaine. Ce qui a fait bondir les syndicats policiers.

"Parmi ceux qui se sont fait tester et sont asymptomatiques, certains viennent quand même travailler, car avec autant d’absents, on ne s’en sort plus."
Une membre du personnel d'un institut psychiatrique namurois préférant garder l’anonymat.

Dans un hôpital namurois, un membre du personnel sur six est en congé maladie. Un tel manque d'effectifs n'est pas sans impact sur l'organisation. "Parmi ceux qui se sont fait tester et sont asymptomatiques, certains viennent quand même travailler, car avec autant d’absents, on ne s’en sort plus", nous confie une membre du personnel préférant garder l’anonymat.

Par contre, elle précise que ces travailleurs sont soumis à des mesures de protection renforcées sur le lieu de travail (pas de pauses avec les collègues, etc.) et ne s’occupent que de patients eux aussi atteints de Covid-19.

Règles assouplies

Ce faisant, ces établissements ne se situent pas en dehors de la légalité. Depuis ce 22 octobre et jusqu’au 15 novembre prochain, les règles d’exception (Sciensano) de mise au travail dans les soins de santé au sens large ont été étendues. Désormais, des travailleurs Covid-19 positifs mais asymptomatiques peuvent reprendre le travail, en respectant les mesures de protection adaptées, au contact de patients Covid ou dans des fonctions sans contact avec des patients, afin d’assurer le bon fonctionnement et la continuité des services de soins aux personnes.

Tous les établissements ne sont cependant pas favorables à cet assouplissement. Ainsi, Unessa (Fédération francophone d’accompagnement, d’aide et de soins aux personnes) est même franchement contre: "Cette règle d’exception ne devrait pas exister d’autant que nous craignons qu’elle ne devienne la règle par défaut. Nous craignons qu’elle ne favorise la contamination du personnel non contaminé, ce qui aurait un effet désastreux sur le personnel disponible au chevet des patients."

"Nous craignons que cette règle d'exception ne favorise la contamination du personnel actuellement non contaminé."
UNESSA
Fédération francophone d’accompagnement, d’aide et de soins aux personnes

Si la fédération wallonne admet être confrontée à un manque de personnel dramatique, elle estime qu'il faut d’abord réactiver les mesures prises en mars dernier dans le cadre des pouvoirs spéciaux (arrêté n°14), la mise à disposition de personnel, le travail étudiant, etc.

Dans cette optique, Unessa juge encore que les dernières mesures sanitaires préventives annoncées sont loin d’être suffisantes pour assurer le maintien des hôpitaux en capacité de fonctionnement.

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