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Pour donner tort à Bart De Wever

Pour le bourgmestre d'Anvers, d'autres grandes villes ont des soucis à se faire face au coronavirus. Il n'a peut-être pas tort...

"Je me fais beaucoup de soucis pour d’autres grandes villes." C’est peu dire: le rugissement du lion anversois aura eu le don d’irriter. Une posture qui ressemble plus à une hypocrite "meilleure défense c’est l’attaque", tant le bilan de Bart De Wever dans sa lutte contre la puissante recrudescence de contaminations à Anvers est faible. Cette envolée trumpienne est encore moins crédible lorsque on apprend qu’une cellule locale de suivi des contacts, mise en place par la gouverneure de la province, n’est active que depuis… vendredi dernier.

Le lion rugit, la caravane peut-elle passer pour autant? Pas vraiment. Il en faudra bien plus pour donner tort à Bart De Wever.

Mardi, le site fédéral indiquait 10 sites de tests, alors que seuls 4 sont effectivement ouverts.

Prenons Bruxelles, où les obstacles aux tests sont pléthoriques. C’est un mal endémique, il y a un manque criant de médecins généralistes. Beaucoup de Bruxellois n’en ont pas, tout simplement. Lesquels d’entre eux connaissent le numéro 1710, actif depuis mars, qui les met en contact avec une cellule médicale? Une fois le test autorisé, il faut ensuite un rendez-vous pour le réaliser. Et là, c’est le chemin de croix. Certains sites d’information ne sont pas à jour: mardi, le site fédéral indiquait 10 centres de tests, alors que seuls 4 sont effectivement ouverts. Sur les 13 centres opérationnels durant la première vague, 9 n’ont pas encore été activés. Du terrain, il nous revient que ceux qui sont ouverts sont saturés, notamment en raison des départs en vacances. Les chiffres que nous a communiqués Sciensano mardi nous le montrent: la Région bruxelloise teste trois fois moins de candidats que la Ville d’Anvers. Une comparaison à nuancer évidemment: les foyers sont plus actifs dans la ville portuaire, et le traçage plus complet.

Le traçage justement. On n’écrira jamais assez combien, si le test est positif, celui-ci est primordial pour déterminer qui dans la sphère du malade pourrait avoir été contaminé. En l’absence de l’application smartphone, seul le traçage humain, par contact téléphonique, est possible. Or la compétence et la structure sont régionales, là où la recrudescence des contaminations apparaît par foyer, et donc au niveau local. Depuis jeudi, le Conseil national de sécurité montre qu’il en est conscient, et a donné de nouvelles compétences aux bourgmestres et gouverneurs de province. Mais pour l’heure, rares sont ceux qui prennent cette problématique à bras-le-corps.

Tests et traçages. Outre les masques et les gestes barrières, outre les bulles de contacts, voilà les deux armes ultimes pour contrer la recrudescence du coronavirus. Et pour donner tort à Bart De Wever.

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