Pour l'heure, seule la FGTB se dirige vers une grève générale le 2 octobre

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Le syndicat socialiste décidera ce mardi s'il fait cavalier seul lors d'une possible grève générale le 2 octobre prochain.

Elle a fait un bébé toute seule. Alors que ce mardi matin, sur le coup des 10h, le Bureau fédéral de la FGTB doit décider (ou non) d’élargir et de transformer les actions syndicales prévues le 2 octobre prochain en grève générale en bonne et due forme, il apparaît que tant du côté des libéraux (CGSLB) que des verts (CSC) on émet plus que des réserves à l’égard de ce durcissement rouge de fin de mois d’août. 

À la FGTB, l’appel à la grève générale ne fait plus un pli, comme l’a laissé entendre le secrétaire général Robert Verteneuil dans Le Soir de lundi. Vertenuil était mardi injoignable mais en haut lieu, au sein de l’état-major F-gétébiste. On confirme que la coupe syndicale rouge est pleine et que les actions initialement prévues pour dénoncer les mesures gouvernementales sur les métiers pénibles seront élargies à une grève générale. "Il y a trop de points inacceptables qui ont déboulé sur la table cet été, dit-on à la FGTB.  À côté des mesures sur les métiers lourds, on a désormais la dégressivité accrue des allocations de chômage, des mesures en terme de prépensions et de barémisation qui sont scandaleuses: on ne tiendra même plus compte de l’ancienneté. Ces éléments nous conduisent à prôner une grève générale le 2 octobre prochain."

Question dès lors: cette grève générale a-t-elle des chances de se voir colorée de bleu et de vert ou va-t-elle se cantonner au rouge?  À la CSC, pour l’heure, la secrétaire générale Marie-Hélène Ska ne veut pas entendre parler d’autre chose que des actions décidées avant l’été et qui ne portent que sur les mesures en matière de métiers lourds. 

 Seul le Bureau fédéral peut décider d’élargir et de durcir le ton à l’encontre du gouvernement et de rejoindre l’appel à la grève générale de la FGTB.  Le Bureau fédéral de la CSC se tiendra le 11 septembre prochain et d’ici là, les chrétiens ne changeront pas d’attitude, assure-t-on à la CSC"Chez nous, on n’a pas l’habitude de parler de prendre des positions avant que les instances aient déterminé la ligne à suivre". 

Pour le reste, la CSC a déjà émis ses réserves par rapport à l’accord de l’été du gouvernement fédéral et il n’y a aucune raison de la voir changer son fusil d’épaule. "Le gouvernement persiste et signe dans sa politique injuste et déséquilibrée. Il continue de mener la vie dure aux citoyens ordinaires qui jouent de malchance, tout en épargnant les nantis à qui tout sourit", avait-on observé à la CSC à l’époque.

Mais ces réserves sont-elles de nature à faire basculer les verts dans une grève générale le 2 octobre prochain, à la veille du scrutin communal?

À la CGSLB, le patron Olivier Valentin est catégorique: le mot d’ordre intersyndical est clair et porte sur des actions de sensibilisation par rapport aux mesures prises dans le cadre des métiers pénibles. "Il n’est absolument pas question de changer cela actuellement ou de mettre une quelconque charrue avant les bœufs", tranche Olivier Valentin. Les instances libérales habilitées à élargir le spectre des actions déjà décidées ne se réunissent pas avant la fin du mois de septembre  ce qui laisserait peu de temps au syndicat bleu pour emboîter le pas au syndicat socialiste.Bref, on est à ce stade encore fort loin d’un front commun syndical pour le 2 octobre prochain.

Cette agitation sociale de l’été qui se termine fait, cyniquement, les affaires du gouvernement fédéral et, singulièrement, côté francophone, du MR. Jugez donc: une grève générale qui va immobiliser le pays juste avant des élections locales… C’est un vrai slogan de vente sur-mesure pour les libéraux qui n’auront qu’à pointer le doigt vers les socialistes et la FGTB qu’ils accuseront de mener des actions de déstabilisation politique.La fin de l’été s’annonce plus chaude que prévue, Mesdames et Messieurs les météorologues.

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