Pour une vie post-Covid, rendez-vous en automne

©REUTERS

Pour Niko Speybroeck, épidémiologiste de UCLouvain, la vie "normale", post-Covid, devrait reprendre son cours cet automne. Si le variant britannique du virus ne vient pas jouer au trouble-fête…

Continuer à respecter les gestes barrières, développer un testing et un suivi efficaces et surtout vacciner largement la population. "Si ces lignes de conduite sont suivies, la vie normale, celle d’après-Covid-19, pourrait bien reprendre cet automne", estime Niko Speybroeck, épidémiologiste de UCLouvain. "Je suis un grand optimiste", confessait-il aussitôt. "Mais avec un taux de vaccination qui atteindrait les 70% et les autres mesures sanitaires, nous pouvons y arriver". Même s’il tempère aussi: "il y a pourtant une inconnue. Nous sommes désormais confrontés à un variant du virus qui ne respecte pas le Brexit et qui se montre nettement plus contagieux…".

En théorie, avec un taux d’immunité d’environ 70 % de la population, le virus ne serait presque plus qu’un mauvais souvenir. Dans ce cas, l'ensemble de la Belgique serait protégé, y compris les 30 % de la population non vaccinée. "Mais attention", prévient encore Niko Speybroeck, "si des mutations dopent la contagiosité du virus, il faudrait alors immuniser 80 % de la population pour obtenir cette immunité de groupe".

L’hésitation vaccinale est en chute libre

"Ce retour à une certaine normalité sera-t-il déjà perceptible dès l’été?", s’interroge son collègue économiste Mathieu Van Vyve. S’il est trop tôt pour le dire, d’autres indicateurs tout récents sont plutôt rassurants dans ce contexte. L’hésitation vaccinale serait en effet en chute libre en Belgique, constatent d’autres experts de l’UCLouvain, réunis mardi pour discuter des enjeux liés à la vaccination contre le COVID. 

"Si des mutations dopent la contagiosité du virus, il faudrait alors immuniser 80% de la population pour obtenir l'immunité de groupe."
Niko Speybroeck
Épidémiologiste à l'UCLouvain

"Notre dernier baromètre à ce sujet est très clair", indiquent les Professeurs Vincent Yzerbyt et Olivier Luminet, psychologues de la santé et sociaux à l’UCLouvain. "Juste avant Noël, nous avions constaté que seuls 56% de la population se disaient d’accord de se faire vacciner contre le Covid. Notre nouvelle étude, réalisée entre le 6 et le 10 janvier dernier auprès de 15.901 personnes en Belgique, montre que ce taux d’adhésion a bondi à 77%. Et ce autant au nord qu’au sud du pays (l’étude a été réalisée en collaboration avec l’Université de Gand)."

Qu’est-ce qui explique cette importante progression dans ces chiffres d’adhésion? "Sans doute la médiatisation des premières campagnes de vaccination", lancent-ils. Et la diffusion d’informations sérieuses diffusées encore et encore à propos de la sûreté de ces vaccins, de leur efficacité, mais aussi des risques éventuels qu’ils peuvent engendrer. "Rien de particulier à signaler à ce propos par rapport à d’autres médicaments", dit le Docteur Jean Cyr Yombi, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc, et professeur à Institut de recherche expérimentale et clinique de l’UCLouvain. "Il faut que le public soit conscient que les bénéfices de la vaccination outrepassent largement les inconvénients".

Voilà de quoi guider la politique de communication des autorités politiques. "Mais attention", préviennent encore les psychologues. "Convaincre la population avec des arguments rigoureux et vérifiés est une chose, assister à la mise en pratique de cette adhésion à la stratégie vaccinale en est une autre. Même si les personnes déclarent avoir les meilleures dispositions du monde et jurent qu’elles optent désormais pour la vaccination, les psychologues savent de longue date qu’il existe parfois un écart conséquent entre les intentions et les comportements." Leur conseil? "Ne pas baisser la garde!"

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