Pourquoi la balance penche pour la vaccination des 16-17 ans

Mi-mai, les États-Unis ont lancé leur campagne de vaccination de masse des 12-15 ans. ©AFP

On savait déjà le Conseil supérieur de la santé favorable à l'inclusion des 16-17 ans dans la campagne. La publication de son rapport éclaire son positionnement.

L'actualité vous joue parfois de petits tours cocasses. La question de la vaccination des 16-17 ans devait figurer mercredi au programme de la Conférence interministérielle (CIM), réunissant tout ce que la Belgique compte de ministres compétents en matière de santé. Sauf qu'il n'en a rien été, la vaccination des Diables rouges lui ayant brûlé la priorité.

248.732
Belges de 16 et 17 ans
En 2020, d'après les chiffres de Statbel, la Belgique comptait 248.732 jeunes de 16 et 17 ans. Soit quelque 2,16% de la population totale.

Politiquement, le débat n'est donc pas encore tranché – on scrutera la CIM de mercredi prochain. La Belgique doit-elle vacciner les jeunes de 16 et 17 ans? De son côté, le Conseil supérieur de la santé (CSS) a déjà statué depuis une quinzaine de jours. En faveur de la vaccination, au moyen du vaccin signé Pfizer/BioNTech, le seul autorisé jusqu'ici pour cette tranche d'âge. En insérant cette cohorte d'environ 249.000 jeunes dans le fil de la vaccination des plus de 18 ans, en tenant compte des comorbidités et de l'âge comme principaux facteurs de risques.

Intérêt individuel...

Cela, on le savait déjà. Sauf que le rapport du CSS, publié ce jeudi, en dit bien davantage sur la réflexion menée au sein de cet organe fournisseur d'avis scientifiques. Aussi la recommandation émise repose-t-elle sur trois interrogations fondamentales.

"Les effets secondaires à court terme semblent limités dans cette tranche d’âge."
Le Conseil supérieur de la santé

La première est individuelle. Quel est, au juste, le rapport entre l'efficacité et les effets secondaires, lorsque l'on compte 16 ou 17 tours au compteur? Les données sont, pour l'heure, limitées, souligne le CSS. Pour autant, "les effets secondaires à court terme semblent limités dans cette tranche d’âge", même si "l'apparition d'effets indésirables graves ne peut être exclue". Tout comme, versant positif cette fois, "un certain degré de prévention de l’apparition de covid long".

Au passage, le CSS pointe l'importance d'un "consentement éclairé", loin de "formes de pressions extérieures directes ou indirectes", qu'elles soient favorables ou non à la vaccination.

... et collectif

Place à présent au collectif. La question de la pression exercée sur le système hospitalier est assez vite réglée, puisque la vaccination de cette classe d'âge "ne va pas diminuer de manière significative les hospitalisations". Même combat pour la mortalité, "la base de données des hospitalisations" ne recelant aucun décès auprès des 16-17 ans.

"Le Conseil pose la question de savoir s’il est 'éthiquement' et médicalement acceptable de prévoir la vaccination de masse des adolescents dans les pays riches alors que des patients âgés et fragiles ne sont pas encore tous vaccinés dans le reste du monde."
Le Conseil supérieur de la santé

Reste la balance entre les bénéfices et les risques encourus, dans une perspective de santé publique. Principal avantage pointé, la contribution à la limitation de la circulation du virus et de ses variants. Notamment au sein des écoles, de quoi "favoriser un retour plus aisé à la normale pour l’enseignement et la formation". Potentielle cerise sur le gâteau, les facilités qui pourraient être accordées aux personnes vaccinées, notamment pour les voyages.

Terminons par une interrogation presque philosophique. "En attendant l’augmentation de la disponibilité des vaccins au niveau mondial, le Conseil pose la question de savoir s’il est 'éthiquement' et médicalement acceptable de prévoir la vaccination de masse des adolescents dans les pays riches alors que des patients âgés et fragiles ne sont pas encore tous vaccinés dans le reste du monde."

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