Pourquoi on a décidé dans l'urgence de fermer les écoles

Le Premier ministre Alexander De Croo, le ministre-président flamand Jan Jambon et le ministre-président de la FWB Pierre-Yves Jeholet. ©Sebastien Pirlet

Que s'est-il passé dans la journée de dimanche pour qu'on en arrive à resserrer la vis dans l'enseignement secondaire? Que disait ce fameux rapport du Celeval? Décodage.

Les écoles francophones ont décidé de faire basculer l’ensemble des élèves du secondaire dans l’enseignement à distance dès ce mercredi. Une décision prise dans l’urgence ce dimanche, et qui a laissé tout le monde pantois. Les directions et les profs ont deux jours pour se préparer, ça grince des dents ici et là.

Mais que s’est-il passé durant le week-end pour qu’on en arrive là? On vous décode la séquence.

De manière assez surprenante, la décision de renforcer les mesures, côté francophone, a été prise sous l’impulsion de…  la Flandre. Inquiet de l’évolution de la situation  au sein des écoles, le gouvernement flamand a commandé dare dare un rapport  spécial sur les écoles au Celeval. Ce rapport insiste sur la nécessité de faire une pause de 14 jours dans les écoles pour ralentir le virus. Une généralisation de la quarantaine en somme.

Il faudra réfléchir à opter préventivement pour un prolongement des vacances de printemps (carnaval) afin d'avoir à nouveau ce stop-virus de 14 jours.

Rythmes scolaires remis sur la table

Outre les recommandations de renforcement maximal des mesures de préventions (également dans le cadre des activités extrascolaires, mouvements de jeunesse, sport, ...), le Celeval dessine plusieurs scénarios: prolonger les vacances de Toussaint (ce que les francophones ont déjà décidé la semaine dernière), les prolonger au-delà de la date du 11 novembre (soit les 12 et 13), ou avancer de trois jours la fermeture des écoles.

Le rapport du Celeval préconise également de réfléchir à opter préventivement pour un prolongement des vacances de printemps (carnaval) afin d'avoir à nouveau ce stop-virus de 14 jours. Cela doit encore être discuté au sein des gouvernements. Le rapport invite aussi à réfléchir à un raccourcissement des vacances d'été afin de rattraper le retard scolaire. Une discussion qui s'annonce d'ores et déjà difficile.

A noter que le Celeval préconise aussi de rendre les écoles prioritaires pour les tests rapides après le congé de Toussaint...

Réunion commune avec Alexander De Croo

Dans l’intervalle, le Premier ministre Alexander De Croo a jugé bon de transmettre le rapport aux francophones et à la Communauté germanophone. Et donc réunir tout le monde pour adopter les mêmes mesures et parler d'une même voix. Mais à nouveau, le fait régional s’est imposé. La Flandre a refusé le scénario de l’alignement. Elle a opté pour le prolongement de deux jours des vacances de Toussaint (comme  au sud du pays), mais n’a pas voulu suivre les francophones dans le scénario de l’avancée de la fermeture des écoles.

1.166
enseignants malades
Vendredi, les chiffres de l’ONE (repris par le Celeval), faisait état de 1.166 enseignants malades, et 836 enseignants mis en quarantaine, en FWB.

Les données épidémiologiques notifiées au sein du rapport expliquent ces différences. Certes, au nord comme au sud, la courbe des infections au sein du personnel enseignant a littéralement explosé. Mais pas dans les mêmes proportions. En Flandre, on est passé d’environ 75 enseignants positifs au Covid-19 la dernière semaine de septembre, à environ 375 cas la semaine du 12 octobre. L’incidence sur le personnel suit la même courbe exponentielle.

Au sud du pays, la tendance est similaire, mais la situation est bien plus préoccupante. On compte trois fois plus d’enseignants déclarés positifs au Covid-19. Vendredi, les chiffres de l’ONE (repris par le Celeval), faisait état de 1.166 enseignants malades, et 836 enseignants mis en quarantaine.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés